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    Berne : Haro de la Coordination Asile Suisse sur la Procédure 88 (110489)

    "Arrêtez le massacre, stoppez cette machine infernale"

    Berne, 11avril(APIC) "Arrêtez le massacre, stoppez cette machine infernale qu’est la ’Procédure 88’", ont lancé les responsables de la Coordination

    Asile Suisse mardi au cours d’une conférence de presse à Berne. Les défenseurs des requérants d’asile mettent en cause, à partir de cas précis documentés dans un "livre blanc", la procédure accélérée pour les requérants

    d’asile. La dite ’Procédure 88’, affirment-ils, "conduit à renvoyer des

    personnes qui méritent l’asile politique et qui ne doivent en aucun cas

    être refoulées dans leur pays". La Coordination demande à ce propos un moratoire pour les réfugiés Kurdes, un peuple "dont l’existence est niée par

    l’Etat turc".

    Il y a deux mois, lors des grèves de la faim dans les églises d’Interlaken et des Valangines, à Neuchâtel, les défenseurs du droit d’asile avaient

    déjà lancé un véritable cri d’alarme contre la procédure accélérée. A

    l’époque, relève Yves Brutsch, du Centre Social Protestant à Genève, on

    pouvait déjà se rendre compte que le "triage" superficiel opéré sans le

    moindre contrôle dans des centres d’enregistrement aboutissait à considérer

    comme "manifestement infondées" des demandes tout à fait sérieuses.

    Des signes de torture : pas suffisant pour obtenir l’asile

    C’est dans le cadre des quatre Centres d’enregistrement que s’effectue

    le triage des cas dits infondés par rapport aux cas sérieux. Ce triage, de

    l’avis d’Yves Brutsch, se fait "visiblement dans des conditions scandaleuses, puisqu’on assiste à l’étiquetage comme cas manifestement infondés de

    personnes qui présentent des documents judiciaires, des séquelles de torture et qui font mention d’éléments qui sont constitutifs de la qualité de

    réfugiés".

    Et Yves Brutsch de déplorer qu’à partir du moment ou le triage a été effectué, la "Procédure 88" fonctionne comme une machine infernale qu’on ne

    peut arrêter; la procédure se déroule sans que l’on puisse trouver le moyen

    de corriger un triage erronné. S’il y a eu quelques cas qui ont été sortis

    de la "Procédure 88" et attribués à la procédure ordinaire, ils sont rares.

    Et, affirme-t-il, ce constat est d’autant plus grave que la procédure

    accélérée est en train de se généraliser, y compris en dehors des camps

    fédéraux de Gorgier, Klosters et Mols.

    Claudine Stähli, du Comité Suisse pour la Défense du droit d’asile (NE)

    a tenu à contredire le Délégué aux Réfugiés (DAR) Peter Arbenz, qui a

    déclaré le 4 avril dernier à la TV alémanique que "les vrais réfugiés trouvent asile chez nous". "Depuis que nous suivons la ’Procédure 88’ dans son

    application à Gorgier, déclare-t-elle, nous n’avons pas du tout cette impression". Et de relever que l’Eglise Réformée Neuchâteloise et le Centre

    Social Protestant ont examiné un certain nombre de dossiers du Centre de

    Gorgier lors de la grève de la faim de l’église des Valangines. Ils y ont

    trouvé de nombreux vices de forme (problèmes de traduction, superficialité

    des questions, interprétations surprenantes des réponses, etc.) ainsi que

    des cas sérieux.

    Le Comité a repris d’autres dossiers à fond - en présence du requérant,

    avec un traducteur de confiance et un juriste - et s’est aperçu que des

    persécutés politiques ont été placés par erreur dans la procédure accélérée, ainsi que des Kurdes provenant des 8 régions qui dépendent du Gouverneur militaire et qui sont très menacés en cas de renvoi, étant donné les

    violations constantes des droits de l’homme, notamment la pratique de la

    torture dans ces régions. Le "livre blanc" du Comité a été envoyé au Conseiller fédéral Arnold Koller, chef du Département de Justice et Police. Le

    pasteur Roland Dumartheray, d’Interlaken, secrétaire du Conseil missionnaire évangélique suisse, a finalement exprimé le souhait que l’on sorte définitivement de "l’ère Kopp" et de la stratégie de dissuasion à l’égard des

    requérants d’asile. (apic/be)

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