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    contrôle forcé des naissances dans le tiers monde

    Berne: Des oeuvres suisses d’entraide dénoncent le (070194)

    Des femmes du Sud et du Nord plaident pour la dignité de la femme

    Berne, 7janvier(APIC) 92 pays du tiers monde imposent des politiques de

    contrôle des naissances, de plus en plus sous la pression de la Banque Mondiale. Les femmes y sont souvent utilisées comme "cobayes" pour tester les

    produits contraceptifs développés par les multinationales pharmaceutiques,

    dans le cadre de programmes de "planification familiale" contraires à la

    dignité humaine, ont dénoncé vendredi à Berne trois oeuvres d’entraide et

    organisations tiers-mondistes suisses.

    Pour ces organisations, qui lancent le débat en vue de la Conférence

    mondiale sur la population qui s’ouvrira en septembre au Caire, bien plus

    que la "surpopulation" du Sud, c’est la "surconsommation" des pays industrialisés qui est responsable du désastre écologique qui menace la planète.

    La question centrale est bien celle d’un meilleur partage des ressources,

    et non simplement celle du nombre d’êtres humains à bord du "bateau terre".

    Un Suisse consomme quarante fois plus de ressources qu’un Tanzanien

    Pour l’oeuvre d’entraide catholique Action de Carême, son homologue protestante Pain pour le Prochain et la Déclaration de Berne, la menace globale qui pèse sur l’environnement est causée essentiellement par le pillage

    des ressources naturelles et la surconsommation des pays riches. "22% de

    la population mondiale utilise près de 70% de l’énergie", a affirmé l’ethnologue Helen Zweifel, collaboratrice de la Déclaration de Berne. "Concrètement, a-t-elle poursuivi, cela signifie qu’un Suisse consomme en moyenne

    quarante fois plus de ressources qu’un Tanzanien". Le revers de ce mode de

    vie: une pollution et une montagne de déchets dont on ne peut certes pas

    accuser les pauvres du tiers monde d’en être responsables!

    Malgré ces évidences, on tente de faire porter le chapeau de la dégradation de l’environnement aux populations du tiers monde, dont on veut réduire la croissance démographique au moyen de campagne de contrôle des naissances, déplorent les oeuvres d’entraide. Présentant à Berne leur brochure

    "Peu d’enfants, beaucoup de consommation ?", réalisée par 18 femmes du Sud

    et du Nord, les oeuvres d’entraide ne font certes pas campagne contre toute

    planification familiale. Mais elles estiment que c’est d’abord l’affaire

    des femmes et des familles elles-mêmes. Elles dénoncent par contre les contraintes imposées aux femmes par les gouvernements des pays pauvres, qui

    subissent eux-mêmes la pression de la Banque Mondiale et des programmes

    d’ajustements structurels du Fonds Monétaire International.

    "On utilise la population comme cobaye, pour expérimenter de nouveaux

    produits contraceptifs, sans informer les gens sur les éventuels effets secondaires, sans leur laisser d’alternatives, et sans tenir compte des données économiques, sociales, culturelles ou religieuses", lance H. Zweifel.

    Rentrant du Bangladesh, elle a pu elle même constater dans un village dans

    quelles conditions douteuses on implantait sous la peau des femmes le contraceptif hormonal "Norplant", encore en phase d’expérimentation. D’après

    la brochure éditée par les oeuvres d’entraide, on rencontre de tels exemples également au Brésil, en Inde ou en Indonésie.

    Co-auteur de l’étude, la philosophe indienne Sumati Nair a admis que les

    progrès dans le domaine de la contraception ont certainement aidé nombre de

    femmes occidentales et celles qui vivent comme elles dans les classes moyennes des pays en développement. "Mais pour la grande majorité des femmes

    dans le tiers monde, celles qui sont pauvres, indigènes, noires, ou membres

    de minorités, les programmes de limitation des naissances signifient le

    contrôle violent de leur fécondité par le biais de moyens contraceptifs peu

    sûrs et dommageables pour leur santé, distribués dans des dispensaires à

    l’équipement insuffisant".

    "Une arme pour le contrôle des femmes et des pauvres"

    Et, tout en se déclarant favorable à la possibilité pour les familles de

    choisir elles-mêmes le nombre de leurs enfants, la militante indienne a

    lancé un appel pour que l’on mette un terme au niveau mondial aux programmes de limitation des naissances adoptés par les gouvernements sous la

    pression de la Banque Mondiale, de l’USAID ou du Fonds des Nations Unies

    pour la Population (UNFPA). Et Sumati Nair de conclure: "Le contrôle des

    naissances est devenu une arme pour le contrôle des femmes et des pauvres".

    Une politique qui occulte l’une des causes fondamentales du sous-développement, le manque d’un accès équitable pour tous aux ressources de la terre.

    (apic/be)

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