"Les élections de dimanche : aucun espoir pour le peuple"
Berne, 15mars(APIC) "Les élections de dimanche prochain au Salvador ne
représentent aucun espoir pour le peuple salvadorien, car les élections
dans notre pays n’ont jamais été autre chose qu’une tromperie de la volonté
souveraine du peuple, elles n’ont jamais solutionné les problèmes que doivent affronter les gens". Celui qui parle ainsi est Reynaldo Blanco Rojas,
responsable des relations internationales de la Commission non gouvernementale des Droits de l’Homme d’El Salvador (CDHES).
Il donnait conférence de presse mardi 15 mars à Berne, en compagnie de
Joaquin Cacéres, également de la CDHES. Ces deux militants, qui ont subi
tortures et incarcération sans jugement durant près d’un an, étaient les
invités de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS), de
l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) et d’Amnesty.
Pour Reynaldo Blanco, les élections du 20 mars devant permettre de
désigner les maires de 262 municipalités et les 60 députés du Parlement,
n’apporteront rien, car l’histoire montre qu’au Salvador, les élections ont
toujours été un mécanisme de légitimation de la répression déployée contre
les secteurs populaires qui revendiquent une amélioration de leurs mauvaises conditions de vie. Lui-même n’ira pas voter, mais d’autres participeront aux élections de peur d’être qualifiés de "subversifs", de "terroristes" ou de sympathisants de la guérilla. Il estime que les bulletins
blancs seront nombreux, mais que comme à l’accoutumée, le gouvernement fera
tout pour présenter à l’extérieur ces élections comme un pas de plus dans
l’accomplissement des accords d’Esquipulas II pour la paix en Amérique
Centrale.
Reprise des activités des "Escadrons de la Mort"
Mais ce qui a ses yeux contredit le plus le discours sur la démocratisation de son pays, c’est le retour en force des "Escadrons de la Mort", qui
ont dissuadé les partis socio-démocrates de la Convergence démocratique
(Mouvement populaire social-chrétien, Mouvement national révolutionnaire et
Parti social-démocrate) de se présenter aux élections, arguant de l’absence
de sécurité physique pour leurs candidats. A son avis, - et il affirme détenir des preuves, dont le témoignage d’un membre de la Policia de Hacienda
-il ne fait aucun doute que les "Escadrons de la Mort" font partie des services de sécurité gouvernementaux, qui leur fournissent armes, véhicules,
lieux de détention secret, sauf-conduits, etc.
Reynaldo Blanco estime que rien de ce que font ces "Escadrons de la
Mort" n’échappe au contrôle et à la planification des responsables gouvernementaux : ils reçoivent leurs ordres directement de l’Etat-Major. Le ministre Lopez Nuila, ancien chef de la Policia Nacional, et actuel brasdroit du président Duarte, a été publiquement accusé d’avoir commandé des
"Escadrons de la Mort". (apic/be)