Berne : Contribution du PDC à la (100889)
La communication, une priorité pour le développement du tiers-monde
Berne, 10août(APIC) Les grandes agences de presse - les américaines AP et
UPI, la britannique Reuters, la française AFP et la soviétique Tass - contrôlent plus de 75 % de l’information qui circule dans le monde et il en va
de 7 millions de mots par jour. Le tiers-monde, regroupant la majorité de
la population mondiale, n’a pas droit à la parole. "L’inégalité des flux
d’information est une réalité à l’échelle mondiale", reconnaît le PDC suisse dans une "Contribution du PDC à la communication Nord-Sud" rendue publique jeudi à Berne. Les démocrates-chrétiens veulent "aider les plus démunis
à faire entendre leur voix" et proposent des mesures concrètes.
Elaboré par la sous-commission du PDC "Les médias à l’échelle internationale", présidée par Paul Koller, collaborateur au Département fédéral
des Affaires étrangères, ce document de vingt pages intitulé "Un monde une maison" veut cependant dépasser le "débat stérile et les conflits idéologiques fort déplaisants" qui ont agité ces dernières années les enceintes
internationales comme l’UNESCO, à propos du NOMIC, le Nouvel ordre mondial
de l’information et de la communication. Le PDC y voit le risque "d’atteintes inacceptables aux fondements essentiels des démocraties pluralistes", à
la liberté d’expression et au droit à l’information.
Le PDC souligne le rapport étroit entre le niveau global de développement d’un pays et son potentiel de communication, c’est pourquoi il regrette qu’en Suisse, contrairement à des pays comme la Suède, la Norvège, la
RFA ou la France, la communication ne soit pas considérée comme un facteur
important de la coopératiopn publique et privée au développement. Quelques
millions de francs seulement y sont consacrés chaque année. Pour les démocrates-chrétiens, la SSR et les PTT occupent une position-clé pour la communication Nord-Sud. Ainsi, Radio Suisse Internationale offre des possibilités de collaboration avec le Sud, tant dans le domaine technique que dans
le domaine de l’échange de journalistes et des productions communes.
Quant aux PTT, comme l’a montré le Fribourgeois Bernard Eltschinger,
chef de la section de la coopération technique des PTT, ils participent au
développement de la communication dans le tiers-monde (Rwanda, Indonésie,
Zimbabwe...) qui dépendent du Département des affaires étrangères. Pour ces
projets, les PTT travaillent en régie pour le compte de la DDA. La régie
fédérale offre également son expertise pour des écoles de télécommunication
à Nairobi, Dakar et Bangkok, et met encore sur pied des cours de formateurs
en Suisse. Le gouvernement suisse offre aussi des bourses pour ces écoles
PTT dans le tiers-monde.
Professeur de communication à l’Uni de Zurich, le nigérian Matthias
Ezioba a dénoncé le mythe de la libre circulation de l’information, et souligné qu’entre les pays riches et les pays pauvres la répartition inégale
de l’information signifie inégalité de pouvoir économique et politique.
L’information est conçue en fonction des besoins et des intérêts des pays
industrialisés. Il a cependant salué cette contribution du PDC comme un
premier pas intéressant dans la bonne direction. Dans ses postulats, le PDC
demande notamment au Conseil fédéral d’augmenter ses efforts de coopération
technique dans le domaine de la communication et de s’engager, au sein des
organisations internationales pour une juste répartition des ressources limitées en cette matière (fréquences, orbites de satellites...) dans le sens
d’une solidarité avec les pays qui ont moins de moyens. (apic/be)