"la dimension humaine de la CSCE"
Un climat tout à fait nouveau
Berne, 19janvier(APIC) Représentant des Eglises de vingt pays d’Europe de
l’Est et de l’Ouest, ainsi que d’Amérique du Nord, une cinquantaine de délégués se sont retrouvés du 15 au 18 janvier au Centre réformé de Gwatt
(BE) pour traiter de la "dimension humaine de la CSCE" (Conférence sur la
sécurité et la coopération en Europe). Cette conférence, "Gwatt 2", puisque
c’était sa deuxième édition, s’est déroulée "dans un climat tout à fait
nouveau", et a pris bonne note des bouleversements en cours dans les pays
de l’Est, habituels "mauvais élèves" en matière de droits de l’homme.
Les recommandations adressées par les Eglises aux Etats concernent également les pays occidentaux, dont la Suisse, puisque l’on mentionne le respect du droit des réfugiés à l’asile, l’abolition de la peine de mort, un
statut pour les objecteurs de conscience et la création d’un service civil
de remplacement, la possibilité d’affecter la taxe militaire à des buts sociaux. On a également abordé les problèmes concernant la montée du racisme
et de la xénophobie ou les droits familiaux des travailleurs immigrés.
"Gwatt 2", organisée à l’initiative de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) et du "Programme des Eglises sur les droits de
l’homme", un programme commun de la Conférence des Eglises européennes
(KEK), du Conseil national des Eglises chrétiennes des USA et du Conseil
canadien des Eglises, a surtout porté son intérêt sur la "dimension humaine" de la CSCE et sur les différentes réunions de la CSCE (Paris en 1989,
Copenhague cette année et Moscou en 1991). Elle s’est également intéressée
à la Conférence de suivi de la CSCE qui se tiendra à Helsinki en mars 1992
Les événements en Europe de l’Est ainsi que les développpements de la
construction de la Communauté européenne placent les Eglises devant une situation totalement nouvelle, source de grands espoirs, mais également d’incertitudes. Il en découle pour les Eglises de nouvelles responsabilités
dans le domaine des droits de l’homme et de la coopération humanitaire.
Recommandations aux Etats
Dans leurs recommandations aux Etats et aux Eglises, les délégués relèvent encore le droit des minorités nationales, ethniques et religieuses, la
liberté de circulation, d’opinion et de réunion, ainsi que l’accès à l’information, sans oublier les droits sociaux, l’écologie et le tiers-monde.
Ainsi, il faut viser à un développement économique respectueux de l’environnement et soucieux de justice sociale. Les changements à l’Est et les
efforts de solidarité dans cette direction ne doivent en aucun cas se faire
au détriment du tiers-monde et les Etats participants de la CSCE doivent
également être conscients de leur responsabilité dans le domaine de la
paix. Dans tous les conflits, les Eglises doivent aider à rechercher des
solutions pacifiques et des alternatives à l’emploi de la force armée. "Il
faut venir à bout de cette véritable institution qu’est la guerre", affirment les Eglises représentées à Gwatt.
Les clivages ne passent plus toujours en l’Est et l’Ouest
"Le clivage n’est plus toujours entre l’Est et l’Ouest, a déclaré à
l’agence APIC Marianne Périllard-Rebeaud, présidente de la Commission des
droits de l’homme de la FEPS, et j’ai été étonnée de l’esprit de modestie
et de repentance qu’il y avait chez les uns et les autres : certains
problèmes, comme l’écologie ou le racisme, se posent à peu près dans les
mêmes termes à l’Est qu’à l’Ouest; concernant les minorités religieuses,
par exemple, il est tout aussi difficile d’être protestant en Pologne qu’au
Portugal..." (apic/be)