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    Crise de confiance aiguë après les événements de Coire

    Berne : Conférence de presse de la Conférence des évêques suisses (140690)

    Mgr Haas n’a pas l’intention de démissionner

    Berne, 14juin(APIC) Le nouvel évêque de Coire n’a pas l’intention de démissionner, malgré les remous croissants que provoquent sa nomination et

    ses premières décisions. "Mgr Wolfgang Haas est l’évêque de Coire légitime", ont déclaré les évêques suisses dans une prise de position commune

    rendue publique jeudi à Berne. Mgr Haas lui-même a souligné qu’il n’a pas

    l’intention de revenir sur sa décision de remercier le vicaire général de

    Zurich, Gebhard Matt, remplacé par l’abbé Casetti, un homme qui partage sa

    ligne pastorale.

    Mgr Joseph Candolfi, président de la Conférence des évêques suisses

    (CES), a fait connaître les résultats de l’assemblée ordinaire de la CES

    qui s’est déroulée du 11 au 13 juin à Einsiedeln et dont les travaux ont

    été essentiellement consacrés au diocèse de Coire, au cours d’une conférence de presse très fréquentée, à laquelle a pris part même la télévision allemande. C’est dire l’intérêt médiatique des événements de Coire qui ont

    créé, selon les mots du président de la CES, "une crise de confiance aiguë

    qui pourrait aboutir à une rupture" au sein de la communauté catholique

    suisse, "une rupture qui compromettrait notre témoignage de chrétiens dans

    notre pays".

    Pas de "solution miracle"

    Les évêques suisses ont envisagé plusieurs solutions, "mais ils doivent

    avouer que malgré tous leurs efforts, ils n’ont pas encore trouvé la solution de ces graves problèmes". L’évêque auxiliaire du diocèse de Bâle a révélé qu’il a reçu ces derniers temps plus de 800 lettres et télégrammes exprimant le désarroi des fidèles face aux événements de Coire : 80 % d’entre

    elles jugent négativement l’entrée en fonction de Mgr Haas, tandis que 20 %

    se disent indignées de l’hostilité qu’il rencontre. Mgr Candolfi a été reçu

    jeudi dernier en audience par le pape Jean Paul II et lui a parlé ouvertement de la situation de Coire, ainsi qu’au cardinal Gantin, préfet de la

    Congrégation pour les évêques.

    Il a répété une nouvelle fois à Berne qu’un pasteur doit jouir de la

    confiance de la majorité de ses fidèles, sinon il doit en tirer les conséquences. "La solution concrète, la solution miracle, je ne l’ai pas", a-til encore déclaré. Il a cependant lancé un appel au dialogue et à la réconciliation et souligné avec force que tous les évêques, et Mgr Haas avec

    eux, veulent s’engager pour la réalisation des décisions du Concile Vatican

    II. Il a encore invité à renoncer à l’agitation pour qu’un dialogue réel

    soit possible.

    De son côté, Mgr Haas a déclaré en conférence qu’il regrettait que des

    erreurs commises par lui aient provoqué des blessures à d’autres personnes,

    prêtres et laïcs, hommes et femmes, et qu’il était prêt à faire tout son

    possible pour créer la confiance et maintenir le dialogue, afin que tous

    puissent collaborer avec lui, en particulier les organismes et conseils demandés par le Concile.

    Un ambassadeur au Vatican pourrait améliorer l’image de la Suisse à Rome

    Concernant la mauvaise image qu’on a de la Suisse au Vatican, Mgr Candolfi a déclaré que les évêques sont préoccupés du fait que la Suisse n’y a

    pas d’ambassadeur. A son avis, cela permettrait d’éviter bien des malentendus et de corriger cette réputation défavorable véhiculée par certains cercles qui, selon un responsable au Vatican, "écrivent beaucoup trop". Et

    dans le cas de la démission de l’évêque de Coire, cela aurait peut-être

    permis une information "plus claire, limpide, donnée directement". Le président de la Conférence des évêques suisses a d’ailleurs déclaré son étonnement d’avoir été informé de cette démission bien après les journalistes.

    Le Père Roland Trauffer, secrétaire de la CES, a pris la défense des

    particularismes de la Suisse hérités de l’histoire, notamment sa tradition

    démocratique, et a refusé qu’on les compare à une sorte de nationalisme ou

    au "gallicanisme". Il a admis qu’il y a toujours eu une tension entre l’ecclésiologie romaine et la situation unique dans laquelle se trouve la Suisse avec ses différences de mentalités, de cultures, de structures, etc. Les

    évêques suisses souhaitent conserver cette diversité et cette richesse, et

    ne veulent pas que l’on impose des décisions qui ne respectent pas ces particularismes. (apic/be)

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