Berne: Conférence de presse de la Conférence des évêques suisses (100992)
Rien de nouveau à propos de Coire
Berne, 10septembre(APIC) Mgr Pierre Mamie, président de la Conférence des
évêques suisses (CES), a dit jeudi un oui décidé à la construction de la
"maison commune européenne" chère à Mikhaïl Gorbatchev et au pape Jean Paul
II. Présentant à Berne les travaux de l’assemblée d’automne de la CES qui
s’est tenue du 7 au 9 septembre à Villars-sur-Glâne et qui était consacrée
à l’Europe, Mgr Mamie a précisé que les évêques suisses ne donnaient pas de
mot d’ordre pour la votation du 6 décembre sur l’Espace Economique Européen
(EEE) et du 27 septembre sur les transversales ferroviaires à travers les
Alpes. Ils sont cependant unanimes à souhaiter que la Suisse ne s’isole pas
de l’Europe et que cette dernière ne soit pas seulement l’Europe de l’argent mais aussi celle de la culture et de la spiritualité.
Afin de débattre de la contribution que peut apporter l’Eglise en Suisse
à la construction de la nouvelle Europe, les évêques suisses (seul l’évêque
de Lugano, Mgr Corecco, en convalescence après son opération, n’a pas participé aux travaux) avaient invité deux experts : Franz Blankart, Directeur
de l’Office fédéral des affaires économiques extérieures, et Martin von
Walterskirchen, chef du secrétariat du secrétaire d’Etat.
Les évêques suisses, dans leur ouverture à l’Europe, ne se préoccupent
pas en premier lieu des aspects techniques de la construction européenne.
Ainsi, sur la question de l’EEE ou de l’adhésion à la Communauté Européenne, les citoyens doivent s’informer et voter en conscience. "Mais il s’agit
de construire la maison commune européenne afin qu’il n’y ait plus jamais
d’Auschwitz et plus jamais des murs de béton à Berlin ou ailleurs", a souligné Mgr Mamie. Pour l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, la question
qui se pose est de savoir si la petite Suisse doit participer à la construction de la belle maison européenne ou "rester une cabane de haute montagne".
Mais cette Europe, les évêques suisses la veulent respectueuse des convictions religieuses - "une maison sans place pour Dieu est une maison sans
avenir, fondée sur le sable" - solidaire, ouverte sur les pays d’Europe de
l’Est et les pays du tiers-monde, "car maintenant que le Mur de Berlin est
tombé, il ne faut pas le remplacer par le mur de l’argent, que ce soit le
dollar américain, le mark allemand ou l’écu européen". Si l’EEE n’est pas
un article de foi pour les évêques, la suppression du statut de saisonnier
qu’il implique en cas d’acceptation les satisfait pleinement, car ils se
battent depuis des années contre ce statut qu’ils considèrent comme contraire à la dignité humaine. Une hypothèse répandue en Suisse romande inquiète également les évêques suisses: un vote négatif des Alémaniques sur
l’Europe pourrait provoquer une cassure entre les deux parties du pays.
"Dans le train qui est en marche, nous préférons être dans la locomotive
que dans le wagon de queue", a-t-il encore déclaré.
Préoccupée particulièrement par la situation en Somalie et en ex-Yougoslavie, la CES recommande les actions des oeuvres d’entraide, particulièrement de Caritas et de l’Action de Carême. Elle soutient aussi l’action de
parrainage "Des ponts pour la paix" (Friedensbrugg) qui veut, à l’instar de
"l’Opération SOS Villages Roumains" développer les contacts culturels, religieux ou socio-économiques entre des villes suisses et des villes ou villages de l’ex-Yougoslavie. Cette action se développe déjà dans la région de
la Suisse du Nord-Ouest sous l’égide de Louis Kuhn, l’ombudsman de BâleCampagne. (apic/be)
Encadré
Coire: rien à signaler
Concernant l’épineux dossier du diocèse de Coire, rien de nouveau à signaler, car les rencontres prévues avec les responsables des différents dicastères de la curie romaine et le pape n’ont pu avoir lieu en raison de la
maladie de Jean Paul II et les dossiers plus urgents qui occupent la Secrétairerie d’Etat du Vatican et la Curie (guerre en ex-Yougoslavie, tensions
interreligieuses en Ukraine, etc.). Etant donné ces circonstances, le président de la CES n’a ni téléphoné ni écrit à Rome depuis la visite "ad limina" du 7 au 12 juillet dernier, "car nos petits problèmes suisses si douloureux nous paraissent quand même tellement moins importants que la tragédie yougoslave ou les problèmes de l’Ukraine ou de l’ex-Tchécoslovaquie".