Berne: Conférence de presse de la Conférence des évêques suisses (050991)
Berne, 5septembre(APIC) L’Eglise en Suisse, suite à la crise du diocèse
de Coire, se trouve dans une situation très dangereuse, a estimé jeudi à
Berne Mgr Joseph Candolfi, président de la Conférence des évêques suisses
(CES), "et nous n’avons pas le droit de laisser pourrir la situation". Des
décisions, que le président de la CES souhaite "radicales", devraient être
prochainement prises par le Vatican après l’étude du rapport de Mgr Rauber,
délégué pontifical rentré à Rome jeudi même. La CES est confiante, car elle
estime avoir trouvé en Mgr Rauber un "bon avocat" de l’Eglise qui est en
Suisse, capable d’en donner une image objective.
Mgr Rauber, président de l’Académie pontificale ecclésiastique, a été
chargé par Jean Paul II de visiter l’Eglise en Suisse afin que les instances romaines aient une vision objective de ce qui se passe réellement en
Suisse avant de prendre une décision concernant les suites à donner à
"l’affaire Haas". Du 25 juin à la mi-juillet, puis du 17 août à ce jour,
l’archevêque allemand - dont le nom avait été suggéré au pape par la CES en
avril dernier - a dépouillé une foule de lettres et de documents et rencontré quelque 500 personnes de toutes tendances, seules ou en groupes; il a
eu entre trois et cinq entretiens par jour. Des entretiens approfondis,
puisqu’ils ont duré de deux à quatre heures, et d’une "qualité d’écoute extraordinaire", même lorsque des points de vue tranchés des "partisans" ou
des "adversaires" de Mgr Haas étaient présentés.
Impressionné par la foi et la fidélité à l’Eglise
Mgr Rauber va rapidement faire un rapport oral à Rome, puis rédiger un
rapport écrit destiné en premier lieu aux instances concernées, la Congrégation pour les évêques, présidée par le cardinal Gantin, et la Secrétairerie d’Etat du Vatican, dirigée par le cardinal Sodano. Mgr Candolfi, soulignant que le délégué pontifical a été très bien accueilli par tout le
monde, espère que son rapport "permettra de corriger certaines idées qui
ont été répandues en Suisse mais aussi à Rome". "J’ai senti un confrère
proche de nous, capable de comprendre notre situation, a-t-il déclaré, impressionné par la foi, l’engagement et la fidélité à l’Eglise des gens
qu’il a rencontrés : avec un tel avocat à Rome, j’ai bonne confiance et
j’espère que nous arriverons bientôt à une solution".
Election du nouveau président de la CES : un "moratoire"
En attendant que la situation de Coire ait été éclaircie, la CES n’a pas
souhaité élire de nouveau président, comme le disposent ses statuts. Une
demande de "moratoire" a été faite pour que Mgr Candolfi puisse assumer
cette tâche encore un certain temps. Les 12 membres de la CES - les six
évêques diocésains, les quatre évêques auxiliaires et les Abbés de St-Maurice et d’Einsiedeln - devaient désigner en juin dernier déjà le président,
le vice-président et un membre du bureau.
En tant qu’évêque auxiliaire, le mandat de Mgr Candolfi ne pourrait plus
être renouvelé, étant donné que Rome a décidé, fin 1988, que seuls les évêques diocésains pourraient à l’avenir devenir présidents d’une Conférence
épiscopale. A l’heure actuelle, Mgr Candolfi est le seul président de Conférence dans une telle situation. La Suisse demande cependant que l’on fasse une exception pour elle, étant donné qu’elle n’a que six évêques diocésains. "Dans les conditions actuelles, estime-t-il, il était très difficile
de trouver deux personnes qui puissent faire l’unité et remplir la tâche de
président et de vice-président".
Durant leur dernière assemblée ordinaire au Grand-Séminaire du diocèse
de Sion à Givisiez/FR, les évêques ont encore reçu Martial Ducrey, leur délégué à la grande rencontre de Czestochowa, où plus d’un million de jeunes
s’étaient donné rendez-vous autour de Jean Paul II. Le jeune sédunois a
été tellement impressionné par ce moment intense qu’il en a pleuré d’émotion. Recevant les deux présidentes de la Commission "La femme dans l’Eglise", les évêques suisses ont écouté les demandes des femmes et accepté que
dorénavant elles soient associées davantage à la rédaction de leurs prises
de position publiques ou de leurs lettres pastorales, notamment pour les
sujets qui concernent particulièrement les femmes.
Les évêques suisses, interpellés au sujet du référendum sur la révision
partielle du code pénal (droit pénal en matière de sexualité), ont également rédigé une prise de position saluant le fait que l’actuelle révision
renforce la protection de la femme contre la violence exercée dans le mariage. La CES qualifie cette disposition de progrès, mais regrette d’autre
part les lacunes en matière de protection des jeunes dans le domaine de la
sexualité. Les évêques, rappelant la position de l’Eglise en matière de sexualité et d’amour humain, ne donneront cependant pas de consignes de vote,
comme à l’accoutumée. La CES a également exprimé sa solidarité avec les
peuples de la Yougoslavie et dénoncé l’utilisation de la violence armée et
l’agression militaire. (apic/be)
Les photos de Mgr Rauber sont disponibles à l’agence CIRIC à Lausanne (Tél.
021/25 28 29)