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    Berne: Assemblée générale de la SKAF (040692)

    Les "minorités en Suisse" au centre des débats

    Berne, 4juin(APIC) La communauté catholique suisse de travail pour les

    étrangers et leurs problèmes (SKAF) s’est occupée du thème "minorités en

    Suisse" lors de son Assemblée générale tenue le 4 juin à Berne. Deux conférences données par Georg Kreis, professeur d’histoire moderne et d’histoire

    suisse à l’Université de Bâle, et par la genevoise Laurence Ossipow, collaboratrice scientifique au programme national de recherche 21, figuraient

    notamment à l’ordre du jour. Les débats qui ont suivi étaient animés par

    José Ribeaud, rédacteur en chef de "La Liberté", à Fribourg.

    Ces dernières années, on constate une augmentation de la population

    étrangère résidente, particulièrement yougoslave et portugaise. Une Commission administrative et pastorale de la SKAF s’occupe actuellement de la situation dans l’ex-Yougoslavie, ainsi que l’a précisé Urs Köppel, secrétaire

    général et directeur national de la SKAF. Un document de travail contenant

    des principes éthiques et des propositions d’amélioration à propos de la

    situation des personnes qui résident temporairement en Suisse sera prochainement publié. La question de l’importance des missions étrangères en Suisse sera davantage prise en considération, aussi dans le domaine des finances.

    Dans un exposé intitulé "Chemins vers l’idéal d’une société pluri-culturelle", le professeur Kreis a pris comme point de départ la situation actuelle de la migration, et a développé le concept de "société pluri-culturelle". Selon le professeur bâlois, on peut parler de "société pluri-culturelle quand des territoires originairement homogènes sont diversifiés par

    l’immigration de groupes de personnes d’espaces culturels fondamentalement

    autres, et que ces groupes ne sont plus soumis à une contrainte d’assimilation rigoureuse mais peuvent, à certaines conditions, mener de manière intégrée leur vie propre".

    A cause de cela, a-t-il poursuivi, une politique d’intégration active et

    adéquate est indispensable pour assurer à ces minorités à la fois une vie

    propre et la participation à la vie sociale de l’ensemble. Le professeur

    Kreis propose l’octroi du droit de cité communal sur la base de la présence

    des immigrés. Il formule la thèse suivante: "La participation active à la

    vie communale favorise le désir de la naturalisation". Pour Georg Kreis, la

    Suisse est déjà sur le chemin d’une société pluri-culturelle étant donné

    que les sociétés modernes sont en principe des sociétés ouvertes qui ne

    peuvent plus se retransformer en groupes fermés.

    Double lien

    Lors de la deuxième conférence, intitulée "Une seconde nature: naturalisation, intégration et quête d’identité", l’oratrice a montré, à partir

    d’une biographie de la naturalisation, les raisons d’une telle démarche.

    Ces raisons doivent être recherchées dans les relations personnelles, le

    choix professionnel et des choix de vie. Pour Laurence Ossipow, la naturalisation et la recherche d’identité permettent de renoncer à certains

    aspects de la culture héritée, mais aussi d’analyser la relation à la culture d’origine.

    L’oratrice a en outre attiré l’attention sur les difficultés pour les

    personnes naturalisées à cause de leur double lien au pays d’origine et au

    pays d’adoption. Les relations au niveau du quartier ou de la commune deviennent importantes. Mais ces relations ne sont pas fermées: elles font

    partie d’un processus dynamique qui s’étend et dépend du statut personnel

    et familial. D’un processus également conditionné par l’histoire du pays

    d’origine et du pays d’adoption.

    Quant au Père Roland-B. Trauffer, secrétaire de la Conférence des évêques suisses, il a apporté le salut et les remerciements des évêques. "La

    Pentecôte est la fête de la SKAF". A propos de cette fête, le Trauffer pense au début d’un chemin "qui nous rend capables d’aller vers d’autres hommes et de parler leurs langues dans le sens le plus large du terme". (apiccom/pr)

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