Les "minorités en Suisse" au centre des débats
Berne, 4juin(APIC) La communauté catholique suisse de travail pour les
étrangers et leurs problèmes (SKAF) s’est occupée du thème "minorités en
Suisse" lors de son Assemblée générale tenue le 4 juin à Berne. Deux conférences données par Georg Kreis, professeur d’histoire moderne et d’histoire
suisse à l’Université de Bâle, et par la genevoise Laurence Ossipow, collaboratrice scientifique au programme national de recherche 21, figuraient
notamment à l’ordre du jour. Les débats qui ont suivi étaient animés par
José Ribeaud, rédacteur en chef de "La Liberté", à Fribourg.
Ces dernières années, on constate une augmentation de la population
étrangère résidente, particulièrement yougoslave et portugaise. Une Commission administrative et pastorale de la SKAF s’occupe actuellement de la situation dans l’ex-Yougoslavie, ainsi que l’a précisé Urs Köppel, secrétaire
général et directeur national de la SKAF. Un document de travail contenant
des principes éthiques et des propositions d’amélioration à propos de la
situation des personnes qui résident temporairement en Suisse sera prochainement publié. La question de l’importance des missions étrangères en Suisse sera davantage prise en considération, aussi dans le domaine des finances.
Dans un exposé intitulé "Chemins vers l’idéal d’une société pluri-culturelle", le professeur Kreis a pris comme point de départ la situation actuelle de la migration, et a développé le concept de "société pluri-culturelle". Selon le professeur bâlois, on peut parler de "société pluri-culturelle quand des territoires originairement homogènes sont diversifiés par
l’immigration de groupes de personnes d’espaces culturels fondamentalement
autres, et que ces groupes ne sont plus soumis à une contrainte d’assimilation rigoureuse mais peuvent, à certaines conditions, mener de manière intégrée leur vie propre".
A cause de cela, a-t-il poursuivi, une politique d’intégration active et
adéquate est indispensable pour assurer à ces minorités à la fois une vie
propre et la participation à la vie sociale de l’ensemble. Le professeur
Kreis propose l’octroi du droit de cité communal sur la base de la présence
des immigrés. Il formule la thèse suivante: "La participation active à la
vie communale favorise le désir de la naturalisation". Pour Georg Kreis, la
Suisse est déjà sur le chemin d’une société pluri-culturelle étant donné
que les sociétés modernes sont en principe des sociétés ouvertes qui ne
peuvent plus se retransformer en groupes fermés.
Double lien
Lors de la deuxième conférence, intitulée "Une seconde nature: naturalisation, intégration et quête d’identité", l’oratrice a montré, à partir
d’une biographie de la naturalisation, les raisons d’une telle démarche.
Ces raisons doivent être recherchées dans les relations personnelles, le
choix professionnel et des choix de vie. Pour Laurence Ossipow, la naturalisation et la recherche d’identité permettent de renoncer à certains
aspects de la culture héritée, mais aussi d’analyser la relation à la culture d’origine.
L’oratrice a en outre attiré l’attention sur les difficultés pour les
personnes naturalisées à cause de leur double lien au pays d’origine et au
pays d’adoption. Les relations au niveau du quartier ou de la commune deviennent importantes. Mais ces relations ne sont pas fermées: elles font
partie d’un processus dynamique qui s’étend et dépend du statut personnel
et familial. D’un processus également conditionné par l’histoire du pays
d’origine et du pays d’adoption.
Quant au Père Roland-B. Trauffer, secrétaire de la Conférence des évêques suisses, il a apporté le salut et les remerciements des évêques. "La
Pentecôte est la fête de la SKAF". A propos de cette fête, le Trauffer pense au début d’un chemin "qui nous rend capables d’aller vers d’autres hommes et de parler leurs langues dans le sens le plus large du terme". (apiccom/pr)