Berne : Assemblée extraordinaire de la FEPS sur l’Afrique du Sud (060389)
Berne, 6mars(APIC) Les Eglises protestantes vont certainement se décider
pour des sanctions économiques sélectives contre l’Afrique du Sud. Réunis
en Assemblée extraordinaire le 6 mars à Berne, les délégués de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) ont en effet à une large
majorité chargé le Conseil de la FEPS de "clarifier la question des moyens
de pression contre le régime de l’apartheid". Les amendements proposés par
l’Eglise nationale protestante de Genève - notamment en faveur d’un boycott
des trois grandes banques UBS, SBS et CS - ont été largement rejetés.
Cette Assemblée extraordinaire était motivée par le fait que les délégués ne s’étaient pas mis d’accord sur certaines des propositions concernant l’Afrique du Sud émanant du Conseil de la FEPS lors de l’Assemblée de
l’automne dernier. Cette fois-ci, les propositions du Conseil ont été largement approuvées par la soixantaine de délégués de toutes les Eglises
réformées évangéliques cantonales. Ainsi, la solidarité des Eglises membres
de la FEPS est destinée en premier lieu à la population noire, principale
victime de la politique du gouvernement de Pretoria.
L’étude de l’utilisation de "mesures économiques sélectives" est laissée
au Conseil de la FEPS, qui devra procéder à de "larges consultations". Les
premières initiatives en ce sens seront prochainement prises, et une rencontre est prévue avec l’Association suisse des banquiers. Le pasteur Heinrich Rusterholz, président du Conseil de la FEPS, souhaite que l’on discute
notamment de l’introduction d’une clause "Droits de l’Homme" dans les prêts
à l’Afrique du Sud.
Une minorité opposée aux propositions du Conseil de la FEPS
Une petite minorité de délégués a bien tenté, sans succès, d’affaiblir
certaines propositions. Cette minorité ne voulait pas que l’on mentionne
"la recherche du dialogue avec les organisations syndicales et politiques
des noirs et des gens de couleur" ni le partenariat exclusif de la FEPS
avec le Conseil Sud-Africain des Eglises (le SACC, ou l’Eglise catholique a
le statut d’observateur) et les Eglises qui lui sont proches.
Quelques délégués, reprochant "les sources unilatérales" sur lesquelles
se baserait le groupe de travail "Afrique du Sud" de la FEPS, ont en vain
souhaité que la FEPS prenne langue également avec la CASA, l’Alliance des
Eglises d’Afrique du Sud, une organisation qui regroupe les Eglises conservatrices et qui est présentée par le gouvernement sud-africain comme une
alternative aux "radicaux" du SACC. De même, la FEPS n’a plus de contacts
avec la NGK, l’Eglise réformée hollandaise des boers, parce qu’elle n’est
pas fondamentalement contre le système de séparation des races. Elle ne
proteste pas contre les attentats perpétrés contre le siège du SACC, de la
Conférence épiscopale catholique d’Afrique australe ou des syndicats noirs,
ni contre les milliers d’arrestations, la torture ou la censure de la presse.
Responsable du secteur "Afrique du Sud" au Conseil de la FEPS, le pasteur Silvia Michel se déclarait satisfaite à l’issue du vote, car la FEPS a
maintenant un mandat clair pour poursuivre son travail sur l’Afrique du
Sud. Il ne faut cependant pas espérer de propositions concrètes avant plusieurs mois. Et la discussion continuera dans le public et dans les Eglises
cantonales, car les opposants aux sanctions n’ont pas encore dit leur dernier mot. Ils jouissent d’appuis financiers importants et produisent de
nombreuses "brochures d’information", dont ils ont généreusement arrosé les
délégués de la FEPS ces dernières semaines. (apic/be)