"Ne renvoyez pas les réfugiés de la violence!" (150693)
Berne, 15juin(APIC) Le renvoi des réfugiés de la violence vers leur pays
d’origine est une mesure répressive incompatible avec la tradition humanitaire de la Suisse. C’est ce que l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés
(OSAR) a rappelé mardi à Berne à quelques jours de la Journée des réfugiés.
Les réfugiés de la violence doivent pouvoir séjourner en Suisse aussi longtemps que les conditions de sécurité ne sont pas garanties dans leur pays.
L’OSAR qui regroupe Caritas Suisse, Le Mouvement chrétien pour la paix
(MCP), l’Entraide protestante suisse (EPER), l’Oeuvre suisse d’entraide
ouvrière (OSEO), la Croix-Rouge suisse, et l’Union suisse des comités d’entraide juive (VSJF), considère lcomme une atteinte grave aux droits de
l’homme la politique en matière de renvoi et de refoulement, que l’Office
fédéral des réfugiés poursuit à l’égard des réfugiés de la violence.
Pierre Zwahlen, secrétaire romand de l’OSAR et Angeline Frankhauser,
présidente du comité, ont relevé que si en Suisse on a le sentiment qu’il y
a trop de réfugiés de la violence, cela ne constitue en aucun cas une raison de renvoi. Ils ont regretté également que les autorités fédérales ne
mettent pas sur la table les raisons de leurs décisions et ont déploré le
manque de collaboration avec les organisations non-gouvernementales, pratique pourtant habituelle dans d’autres pays européens.
Les diverses organisations ont ensuite présenté chacune des exemples
concrets de menaces auxquels les personnes refoulées s’exposent. Ainsi les
Tamouls seront expulsés à partir du 1er septembre, alors que le Sry Lanka
connaît une terrible guerre civile qui a fait 15’000 morts depuis juin 1990
et que des centaines de milliers de personnes sont confinées dans des camps
de réfugiés, dénonce la Croix-Rouge. L’EPER a examiné le cas des Zaïrois.
La situation de quasi guerre civile dans le pays avec son cortège d’exactions, de disparitions et d’assassinats politiques empêche tout renvoi,
estime-t-elle. L’OSEO de son côté dénonce les persécutions ethniques dont
sont victimes les Kurdes en Turquie, même dans les provinces occidentales
du pays, où soupçonnés d’appartenir au PKK ou au milieu terroriste, ils
sont également en butte aux persécutions. Pour Caritas, les violations systématique des droits de l’homme au Kosovo et la politique d’apartheid qui y
est pratiquée par les Serbes interdisent tout renvoi des Albanais réquérants d’asile en Suisse. L’Union suisse des comités d’entraide juive dénonce la situation dans les pays d’Europe orientale où les dérives nationalistes mettent en péril de nombreux groupes de populations. De plus les émigrés rentrant au pays sont souvent considérés comme des traîtres. Autant
d’éléments dont devrait tenir compte toute décision de renvoi, souligne la
VSJF. Quant au MCP, il a décrit la situation des femmes et des enfants réfugiés victimes par exemple de sévices sexuels. (apic/gs/mp)