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    Non aux crimes d’honneur et à l’exploitation

    Berne: AI demande à l’ambassadeur du Pakistan de faire respecter le droit des femmes

    Berne, 10 septembre 2002 (APIC). La Section suisse d’Amnesty International (AI) a remis lundi 9 septembre à l’ambassade du Pakistan en Suisse un appel demandant le respect des droits fondamentaux des femmes. Crimes d’honneurs et exploitation des femmes pauvres, notamment comme monnaie d’échange, sont au coeur de la dénonciation d’AI, co-signée par 16 associations de défense des droits humains et des droits des femmes.

    Lors d’une entrevue avec l’ambassadeur du Pakistan en Suisse, Alain Bovard, responsable du lobbying, et Susanne Preisig, coordinatrice Pakistan pour la Section suisse, ont présenté les recommandations d’Amnesty International, soutenues par plusieurs organisations de défense des droits des femmes et des droits humains en Suisse. Le gouvernement pakistanais y est appelé à prendre des mesures concrètes pour mettre fin à la violence dont sont victimes les femmes, abroger les lois discriminatoires et poursuivre en justice les auteurs de crimes d’honneur.

    Les violences au sein de la sphère privée, coups, viols, jets d’acide, brûlures et homicides, sont largement répandues au Pakistan, rappelle Amnesty. Les femmes pauvres, soumises au travail forcé ou appartenant à des minorités religieuses sont tout particulièrement exposées aux violences. Des femmes sont utilisées comme monnaie d’échange pour régler des dettes. Beaucoup d’entre elles sont brûlées ou assassinées: de simples soupçons d’infidélité peuvent conduire des hommes à tuer leur épouse, mère, fille ou soeur pour "laver l’honneur" de leur famille, dénonce AI. De très nombreuses jeunes sont mariées de force. Certaines sont tuées pour avoir osé choisir un mari ou quitté un mari violent. Bien qu’il soit difficile d’estimer le nombre d’entre elles tuées pour des questions d’honneur, les médias et les organisations des droits humains parlent de trois femmes tuées chaque jour, précise l’organisation de défense des droits de l’homme. SH

    Encadré

    Les bonnes intentions du gouvernement Musharraf

    Le gouvernement du Président Musharraf a été le premier du Pakistan à reconnaître publiquement que les femmes sont victimes de discriminations. Bien que le gouvernement ait condamné les crimes d’honneur et annoncé que les responsables seraient poursuivis en justice, aucune loi discriminatoire n’a été abolie et les violences envers les femmes ne sont toujours pas considérées, dans les faits, comme des crimes, rappelle Amnesty International. Les femmes pakistanaises sont privées de leurs droits économiques, sociaux, civils et politiques. Un déni de droits qui les rend particulièrement vulnérables au sein de leur communauté, de leur famille ou face aux agents de l’Etat, précise AI. (apic/com/ai/sh)

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