Berne: 7OO millions pour le désendettement du tiers monde (200990)
Berne, 20septembre(APIC) Feu vert, jeudi, du Conseil national au fond de
désendettement de 700 millions de francs proposé par les organisations
humanitaires des Eglises suisses. Le Conseil fédéral est chargé de présenter, dans le cadre des festivités du 700e anniversaire de la Confédération,
en solidarité avec le tiers monde, un projet pour venir en aide aux pays
les plus endettés du monde. La Chambre du peuple a adopté la requête sous
forme de postulat par 105 voix contre 11.
L’idée d’un fond de 700 millions pour le désendettement avait fait l’objet d’une pétition des oeuvres d’entraide des Eglises (soutenues par 16 autres organisations humanitaires). Cette pétition avait recueilli 250’000
signatures.
La pétition - appuyée par la Conférence des évêques suisses et la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse - prévoit la mise à disposition de 700 millions de francs prélevés en premier lieu sur l’impôt anticipé sur les dépôts bancaires en provenancce du tiers monde. Par ce fond, les
pays les plus endettés pourraient racheter ce qu’ils doivent aux créanciers
suisses (Confédération, banques, entreprises d’exportation).
Le prix du rachat devrait être fixé au rabais, en accord avec les créanciers, en tenant compte de leur co-responsabilité dans la crise actuelle de
la dette sur le plan international. Les gouvernements à qui le fond est
destiné (surtout les pays africains, moins endettés, mais plus pauvres)
devraient s’engager, en échange, à verser la contrevaleur des dettes remises dans un fond de contrepartie dans leur pays. Cela permettrait aux économies (spécialement le commerce et l’agriculture) des pays bénéficiaires
de sortir un peu du cercle vicieux de l’endettement.
Vaste approbation du Conseil national
Le principe de cette aide originale et la somme de 700 millions de
francs ont été adoptés sous forme de postulat par 105 voix contre 11. Seule
l’Union démocratique du centre a opposé un refus net. Les radicaux auraient
préféré que le Parlement ne se prononce pas sur le montant global de l’aide
et que le Conseil fédéral décide non seulement des modalités du fond, mais
aussi du montant total. Les socialistes ont mis en garde leurs collègues
afin qu’ils ne considèrent pas ce fonds comme un geste de charité, mais
comme le début, pour la Suisse, d’une nouvelle politique d’aide au développement. Les écologistes ont manifesté leur souci que cet argent puisse servir non seulement aux élites des pays du tiers monde, mais aussi au petit
peuple qui subit de façon dramatique les conséquences de la dette. (apicmb/ba).