Berne : 400 millions pour le Fonds Monétaire International (180888)
Berne, 18août(APIC) Alors que la Commission des affaires économiques du
Conseil national discutait jeudi après-midi de la participation de la Suisse pour un montant de 400 millions de francs au Programme "FAS" (Facilité
d’ajustement structurel) du Fonds Monétaire International (FMI), la Déclaration de Berne a lancé un appel pour que les autorités suisses renoncent à
ce projet contesté. En septembre, le Conseil national se prononcera sur ce
programme, le premier du FMI auquel participera la Suisse.
Pour l’organisation tiers-mondiste, la politique du FMI a échoué et a eu
des effets sociaux catastrophiques pour les populations pauvres du tiersmonde. Pour Peter Bosshard, secrétaire de la Déclaration de Berne, ce
crédit est uniquement destiné à rendre le FMI plus attractif. C’est un mauvais remède, parce qu’il ne prend pas le mal à la racine. Les pays du
tiers-monde sont étranglés par une dette qu’ils ne peuvent matériellement
pas rembourser. De plus, depuis quelques années, les pays pauvres exportent
beaucoup plus de capitaux vers les pays riches qu’ils ne reçoivent de
crédits. Ainsi, de 1983 à 1988, on a assisté à un transfert net des pays du
tiers-monde vers les pays industrialisés de quelque 166 milliards de dollars. Le FMI lui-même prévoit pour cette année un transfert de plus de 37
milliards de dollars vers les pays riches.
Ainsi, estime Peter Bosshard, le FMI ne sert pas au développement des
pays pauvres, mais d’instrument de contrôle de ces pays, pour les maintenir
dans le système financier international et garantir le remboursement d’une
dette en constante augmentation. Pour la DB, le FMI n’est pas le "pompier
global" du système, comme on le qualifie parfois, mais plutôt son "office
des poursuites". Le professeur nigérian Bade Onimode, de l’"Institute for
African Alternatives" à Londres, a demandé à la Suisse de ne pas coopérer
avec le FMI. Il a affirmé que la dette du tiers-monde ne pouvait être "physiquement" payée et qu’il fallait par conséquent l’annuler. Cela, à son
avis, serait tout aussi supportable pour l’économie mondiale que le dernier
krach boursier de Wall Street. La politique du FMI et des pays créditeurs a
pour but, selon lui, de désindustrialiser les pays du tiers-monde, de dévaluer leur monnaie et de fournir des matières premières à bon marché aux
pays industrialisés.
Pour la conseillère nationale Angeline Fankhauser, secrétaire centrale
de l’OSEO, l’Oeuvre suisse d’entraide ouvrière, le problème de l’endettement du tiers-monde, avant d’être une question technique, est d’abord un
problème moral et politique. A l’instar de la DB, elle est d’avis que la
Suisse est le lieu idéal pour organiser une conférence sur le désendettement du tiers-monde et que notre pays pourrait prendre des initiatives politiques dans le sens d’une annulation de la dette. (apic/be)