Berne: 216e assemblée de la Conférence des évêques suisses (040692)
Berne, 4juin(APIC) La Conférence des évêques suisses (CES), qui a tenu sa
216e assemblée ordinaire du 1er au 3 juin à l’Abbaye bénédictine d’Einsiedeln, a fait part mercredi de son "indignation" et de son "effroi" à la vue
des événements tragiques qui ensanglantent l’ex-Yougoslavie. Lors d’une
conférence de presse à Berne, Mgr Mamie, président de la CES, a demandé aux
catholiques de se montrer solidaires, "car nous risquons de nous retrouver
face au plus grand flot de réfugiés depuis 1945". Quant à l’affaire Haas,
rien de nouveau n’a été dit sur les solutions envisagées. On en saura peutêtre plus après la visite "ad limina" que les évêques suisses effectueront
à Rome du 7 au 12 juillet prochain.
Les évêques - qui n’étaient pas au complet à Einsiedeln, puisque Mgr Corecco, évêque de Lugano, et le cardinal Schwery, évêque de Sion, étaient
absents pour des raisons de santé - ont évidemment abordé la situation de
l’Eglise en Suisse, en particulier les tensions dans le diocèse de Coire et
les dialogues en cours. A ce propos, Mgr Mamie n’a pas de nouvelles informations à donner. Le pape a décidé de s’occuper de cette affaire avec ses
collaborateurs - la Secrétairerie d’Etat, la Congrégation des évêques et la
nonciature - ainsi que la CES. Cette dernière, et tout spécialement son
président, "travaille actuellement pour que l’on trouve ensemble des solutions afin que les catholiques suisses puissent nous faire confiance".
Ouverture européenne et nouveaux défis pastoraux
Face à la construction de l’Europe, Mgr Mamie, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, s’est dit préoccupé par les problèmes pastoraux
considérables qui vont se présenter à l’avenir avec l’ouverture des frontières. Mais dans son diocèse, Mgr Mamie est déjà habitué : un sur trois de
ses diocésains n’est pas suisse. Mais face aux mutations prévisibles, ainsi
qu’aux problèmes socio-culturels qui vont se poser, avec leurs lourdes conséquences pastorales, le président de la CES relève que certains diocèses le sien, mais surtout Bâle, sans oublier Coire - sont trop grands pour bien
assumer une pastorale épiscopale. En effet, "les fidèles ont besoin de la
présence de l’évêque". La demande de redécoupage des frontières diocésaines
date d’ailleurs déjà du Synode.
Les évêques ne veulent pas être un frein à l’oecuménisme
Les évêques suisses se sont également penchés sur les résultats positifs
du dialogue oecuménique et interreligieux en Suisse. Mgr Mamie a souligné
que le pas majeur qui a été fait depuis le Concile Vatican II, tant du côté
catholique que protestant, "c’est que nous sommes de plus en plus frères et
de moins en moins séparés". Et parmi les réalisations qui font date, Mgr
Mamie mentionne la fondation de la Communauté de travail des Eglises chrétiennes en Suisse (CTEC) qui réunit actuellement huit Eglises chrétiennes.
Après Jean XXIII, a-t-il relevé, c’était le "printemps de l’oecuménisme".
Aujourd’hui, c’est le temps des moissons, "une période beaucoup plus rude
que l’époque des semailles", avec les orages et la grêle. Mais les évêques,
a-t-il souligné, refusent de passer dans ce domaine pour des freins, mais
veulent être toujours un moteur de l’oecuménisme.
Commentant le résultat des votations fédérales du 17 mai dernier, notamment celle en matière de délits sexuels et celle concernant la biogénétique, les évêques rappellent qu’il y avait dans les deux cas des bonnes et
des mauvaises choses en concurrence. Ils soulignent que "ce n’est pas parce
que des actes ne sont pas punis qu’ils sont pour autant éthiquement permis". Les évêques vont étudier un projet émanant de la Commission de planification pastorale (CPP) de convoquer une "Assemblée suisse" en 1995, trente ans après la clôture du Concile et vingt ans après la fin du Synode 72,
pour voir ce que l’on en a appliqué.
A propos de la Conférence de Rio sur l’environnement, Mgr Mamie a cité
la "Déclaration de Heidelberg" et approuvé les scientifiques signataires,
pour qui "il ne faut pas faire de l’écologie sentimentale seulement", mais
également tenir compte des recherches scientifiques. Et de regretter que
l’on n’ait pas appelé ce "Sommet de la Terre" le "Sommet de la Création",
négligeant ainsi la nécessaire référence au Créateur. (apic/be)