Berne : 16 ans de mission croate en Suisse (190488)
Berne, 19avril(APIC) Le dimanche 24 avril, la mission croate ouvrira son
propre centre à Berne. Dans une interview accordée à l’agence APIC, Simun
Coric, le responsable de la mission croate à Berne, présente les croates
qui vivent en Suisse.
Les Croates sont l’un des plus anciens peuples slovaques. Ce peuple
s’est organisé en Etat indépendant au 8ème siècle déjà. les rois recevaient
leur couronne du pape. Officiellement, ils furent christianisés en 641. Les
Croates vivent aujourd’hui en Yougoslavie. Selon le recensement de 1981,
sur les 22’427’585 habitants du pays, 36,3% sont serbes, 19,7% croates, 6%
macédoniens, 2,6% monténégrins et 7,8% slovènes. Il y a encore 20 autres
ethnies. Plus de 110’000 Yougoslaves travaillent en Suisse. La moitié sont
des Croates, en majorité catholiques. Il y a en Suisse 6 missions
catholiques : à Bâle, Berne, Lausanne, Lucerne, Saint-Gall et Zurich.
Simun Coric répond aux questions de l’APIC
APIC. Combien de personnes y-a-t-il dans la mission croate de Berne ?
Coric. Il y a environ 4500 croates des cantons de Berne et de Soleure
qui appartiennent à la mission croate de Berne. La majorité est établie en
Suisse, ils ont le permis B et vivent ici avec leur famille. S’ils perdent
leur travail, ils peuvent en chercher un autre. Certains d’entre eux ont
acquis la nationalité suisse. D’autres sont des saisonniers qui travaillent
de 2 à 9 mois en Suisse. Ceux-là n’ont aucune garantie de pouvoir retourner
en Suisse lorsque leur travail est terminé.
Depuis combien de temps la mission croate de Berne existe-t-elle ?
Nous avons une mission à Berne depuis 1972. En 1951 un prêtre est venu
en Suisse pour s’occuper de tous les croates du pays. Nous pouvons
aujourd’hui ouvrir un centre à Berne, ce qui nous permettra d’avoir un
endroit ou nous rencontrer et travailler ensemble. On n’avait jusqu’ici que
l’appartement ou j’habite.
Quand vous dites "travailler ensemble", qu’est-ce que vous entendez par
là ?
Il y a différents groupes culturels et religieux, par exemple une
association de femmes, un choeur, un groupe de jeunes, un groupe
d’intellectuels. Dans le nouveau centre nous pourrons nous réunir,
travailler ensemble ou simplement boire un café ensemble. Il y a aussi une
bibliothèque et une salle de lecture.
Est-ce que vous avez une église ?
Non, nous en avons dix. Dans les dix endroits ou je dis la messe et ou
nous nous rencontrons, les églises du lieu sont à notre disposition. Nous
avons un excellent contact avec les autorités ecclésiales. A Berne, nous
étions jusqu’à l’année dernière comme des étranger parmi des étrangers dans
la Missione Cattolica Italiana. Mais ça marchait bien. Les locaux sont
malheureusement devenus trop petits. Nous pouvons maintenant célébrer nos
messes à Berne dans la l’église de la Sainte Croix.
Comment avez-vous pu créer ce nouveau centre ?
Tout le monde n’a pas compris notre besoin d’un centre, mais nous sommes
justement des étrangers. Nous devons nous intégrer, c’est clair, mais il
est aussi important que nous ne renions pas notre culture. Il y a des
familles croates qui ne retourneront jamais au pays. Leurs enfants ont
grandi ici et ils ne se sentent pas chez eux en Croatie. C’est l’Eglise de
Berne et de Soleure qui met à disposition ce centre pour nous et le Groupe
de travail catholique suisse pour les immigrés s’occupe de
l’administration.
Quelle est la situation dans votre pays ?
La situation politique et économique empire de jour en jour. C’est
incroyable, l’inflation a atteint 300% en une année. En Suisse, on a
environ 0,6% d’inflation. Les gens sont pauvres, un travailleur gagne en
moyenne 150 à 200 francs suisses. C’est pourquoi on met l’accent dans notre
communauté sur les activités caritatives. On essaye d’aider nos familles en
Croatie, pour qu’une famille de 6 enfants vivant dans deux pièces puisse se
construire une petite maison par exemple. Nous avons aussi un fonds pour de
pauvres étudiants doués. (apic/eg/ym)