Berne, 14mai(APIC) "Prendre position clairement et nettement en faveur
des victimes du racisme et de la xénophobie" et faire en sorte que les lois
suisses respectent les droits de l’homme, tels sont les buts du mémorandum
des trois Eglises nationales pour surmonter la xénophobie et le racisme intitulé "Aux côtés des opprimés: pour un avenir commun". Si dans ce mémorandum présenté mardi à Berne lors d’une conférence de presse, la Conférence
des évêques suisses (CES), la Fédération des Eglises protestantes de la
Suisse (FEPS) et l’Eglise catholique chrétienne de la Suisse (ECC) saluent
l’adhésion projetée de la Suisse à la Convention de l’ONU contre le racisme, elles dénoncent l’attitude trop souvent discriminatoire des autorités
et les mesures étatiques défensives et appellent chacun à faciliter l’intégration des étrangers en Suisse.
Le mémorandum interpelle les Eglises, les autorités et milieux politiques, les écoles et instituts de formation, les médias et enfin tous les
habitants de la Suisse pour qu’ils "s’abstiennent de toute parole et tout
acte xénophobe ou raciste et les combattent sous toutes leurs formes". Les
trois Eglises nationales invitent chacun à bâtir société humaine basée sur
la participation et la solidarité, à vivre les valeurs fondamentales que
sont l’ouverture, la tolérance et la dignité humaine et à défendre l’égalité, "fondement de la démocratie".
Le mémorandum s’adresse d’abord aux Eglises, les invitant à réfléchir de
façon critique sur leur passé, trop souvent marqué par des attitudes antisémites et parfois racistes. Il les appelle à "s’engager sans compromis en
faveur de tous les persécutés, opprimés, défavorisés et marginalisés" et à
"abandonner des attitudes nationalistes, eurocentristes et paternalistes".
Les Eglises nationales "soutiennent et encouragent tous les efforts en vue
de l’introduction du droit de vote et d’éligibilité des étrangers" en matière ecclésiastique.
Des autorités et des milieux politiques, les Eglises attendent, outre la
disparition "partout des attitudes et pratiques discriminatoires" à l’égard
des étrangers, la ratification de la Convention de l’ONU contre le racisme
et la modification du code pénal et du code militaire qu’elle implique.
Lutter contre la xénophobie et le racisme, c’est aussi, précise le mémorandum, "faire des efforts dans l’éducation et la formation", mais aussi mettre en oeuvre "une politique sociale, économique et de développement qui
vise à surmonter les inégalités sociales", à l’intérieur de la Suisse comme
à l’extérieur.
Le mémorandum est aussi un appel aux écoles: il importe de promouvoir
l’ouverture aux autres cultures afin de surmonter les préjugés qui sont à
la base de toute attitude raciste et xénophobe.