Mgr Kräutler dénonce le "génocide des Indiens" du Brésil
Berlin/Assise, 25mai(APIC) Mgr Erwin Kräutler, évêque de la prélature
territoriale de Xingu, en Amazonie, et président du Conseil Indigéniste
Missionnaire (CIMI) de la Conférence épiscopale brésilienne a reproché au
gouvernement de l’ancien président José Sarney d’avoir mené une politique
"très clairement" responsable d’un "génocide" contre la population indienne. Les actes de violence exercés contre les Indiens d’Amazonie sont "la
note dominante de la présidence de Sarney", a déclaré Mgr Kräutler vendredi
25 mai au "Katholikentag", un grand rassemblement catholique qui réunit ces
jours-ci à Berlin plus de 120’000 personnes.
Quant au nouveau président Fernando Collor de Mello, il n’a, affirme
l’évêque de Xingu, "presque rien dit sur sa politique à l’égard des Indiens
et encore moins fait". Pour Mgr Kräutler, les Indiens et lerur territoire
ne sont pas les seules victimes des actes de violence: c’est l’environnement dans son ensemble, et particulièrement l’Amazonie, qui est "exploité
et détruit sans scrupules". L’abattage des arbres et le déboisement par le
feu relèvent de "l’irresponsabilité et l’ignorance", a souligné l’évêque de
Xingu.
Vingt évêques brésiliens ont de leur côté lancé un nouvel appel aux responsables du monde entier pour qu’ils sauvent la forêt amazonienne. Lors
d’une messe à Assise, la ville de saint François, patron de la protection
de l’environnement, ils ont déclaré que "le poumon vert de la planète" disparaît peu à peu et qu’il allait rendre "le dernier souffle" dans quelques
années. 30 % de la forêt vierge amazonienne ont déjà été anéantis.
Dans leur appel, les évêques brésiliens dénoncent "quelques spéculateurs" qui s’enrichissent toujours plus et détruisent la nature de façon
violente et irrationnelle, polluent l’air et les fleuves et tuent des groupes entiers de population. Dans ce contexte, les évêques rappellent que
s’il y a 500 ans l’on comptait 5 millions d’Indiens au Brésil, aujourd’hui
ils ne sont plus que 220’000.
Le défrichement de la forêt amazonienne est justifié par les avantages
économiques escomptés. Cependant, la dette extérieure du Brésil n’a pas diminué, mais s’élève désormais à 125 milliards de dollars, relèvent les évêques. (apic/cic/hz/cor)