Bénin: le 10e voyage africain du pape débute dans l’enthousiasme (040293)
Cotonou, 4février(APIC - Michel Bavarel) Impressionnante, la foule qui
remplissait entièrement, mercredi, le vaste stade de l’Amitié de Cotonou,
la capitale du Bénin, pour accueillir le pape Jean Paul II à l’occasion de
la première étape de ce nouveau voyage pastoral en terre africaine. Une
foule vêtue de pagnes ornés de portraits de Jean Paul II, du cardinal Bernardin Gantin et des autres évêques béninois. D’autant plus impressionnant
qu’on aurait pu distribuer bien davantage que les 50’000 billets - gratuits
- disponibles, si le stade avait été encore plus vaste.
Impressionnant aussi l’accueil de cette foule, qui comprenait bien sûr
une majorité de chrétiens, mais aussi des musulmans et des adeptes des religions traditionnelles. Un accueil vibrant, joyeux et fervent, lorsque le
pape a fait le tour du stade dans sa "papamobile". "Nous vivons un moment
exceptionnel!" clamait le reporter de la Radio nationale. "Tout le Bénin en
fête chante hosannah!", ajoutait pour sa part Mgr Isidore de Souza, l’archevêque de Cotonou qui jouit dans le pays d’un immense prestige: c’est en
bonne partie grâce à lui que la transition s’est faite entre le régime marxiste de Kerekou (présent et fortement applaudi) et la démocratie.
Ce fut ensuite la liturgie. Romaine pour l’essentiel, avec des chants en
latin et en français, malgré quelques chants et quelques paroles en langues
locales et une procession des offrandes, dansée. Jean Paul II procéda ensuite à l’ordination de onze prêtres formés au séminaire de St-Gall, construit à l’époque de la première guerre mondiale avec l’aide du diocèse de
St-Gall, d’où son nom, familier pour un Suisse. Avec ses 167 séminaristes,
il est actuellement totalement occupé. Et l’on ne sait trop où pourra se
loger la prochaine volée...
La famille, premier foyer de l’évangélisation
Dans son homélie, Jean Paul II a insisté sur la famille, "premier foyer
de l’évangélisation". "L’amour qui vient de Dieu enrichit et purifie
l’amour des époux et des parents. Il rend généreux pour accueillir la naissance des enfants", souligna le pape. Au Bénin aussi, certaines valeurs se
désagrègent et la famille n’est plus toujours aussi solide qu’elle l’était
traditionnellement.
Le pape a repris la parole à la fin de la messe pour dire sa sympathie
aux Togolais, dont 25’000 se sont réfugiés au Bénin, à la suite des récentes violences. "La violence et le mépris des aspirations légitimes des citoyens n’ont jamais conduit au progrès civique et social. On peut même dire
qu’ils traduisent souvent un comportement irresponsable", a-t-il déclaré
sous les applaudissements.
Si le pape savait...
"La paix est un don de Dieu confié aux hommes", pouvait-on lire sur le
panneau électronique du stade, citant là les paroles de Jean Paul II. Les
Béninois sont particulièrement conscients, ces jours-ci, de la valeur de ce
don. La visite du pape dans un pays aux moyens limités a exigé un énorme
travail. "S’il savait tout ce qu’on met en oeuvre pour le recevoir, il ne
viendrait pas!" s’exclamait un prêtre, membre du comité d’organisation. Il
ne regrettait pourtant pas sa peine: le peuple béninois était manifestement
heureux de se rassembler autour de Jean Paul II.
Peut-être aurait-il pu mieux manifester son enthousiasme, ce peuple, si
la cérémonie avait eu un caractère africain plus marqué... certains ont
quitté les gradins avant la fin.
Dès son arrivée à l’aéroport de Cotonou, Jean Paul II a évoqué le Synode
des évêques africains. Synode dont on peut penser qu’il annoncera la date
ces prochains jours, en Ouganda. L’inculturation devant être l’un des thèmes majeurs de ce rendez-vous en préparation depuis longtemps déjà. (apicmb/pr)