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    Une haute charge politique avec l’approbation du Vatican

    Bénin: Décès subit de Mgr Isidore de Souza, archevêque de Cotonou

    Cotonou, 14 mars 1999 (APIC) Le seul évêque ayant exercé une haute charge politique avec l’approbation du Vatican, Mgr Isidore de Souza, archevêque de Cotonou, au Bénin, est décédé subitement samedi à l’âge de 65 ans. En tant que président du Haut Conseil de la République, Mgr de Souza avait permis la transition pacifique du régime marxiste-léniniste du général Mathieu Kérékou à la démocratie qui allait amener au pouvoir le président Nicéphore Soglo.

    L’archevêque de Cotonou est mort samedi matin d’une crise cardiaque. Président de la Conférence épiscopale du Bénin et de la Cerao (Conférence épiscopale Régionale de l’Afrique de l’Ouest), Mgr de Souza a été président de la "Conférence des forces vives de la Nation" lors de la transition démocratique du Bénin. Les Béninois lui sont encore aujourd’hui reconnaissants d’avoir joué ce rôle de médiateur dans un moment délicat de l’histoire du pays. Sa mort est une grande perte non seulement pour l’Eglise catholique mais aussi pour tout le Bénin, à la veille de l’élection des députés prévue le 30 mars prochain.

    "Un grand homme très ouvert, avec une grande compréhension des problèmes de son pays. Il savait très bien concilier évangélisation et promotion humaine et accordait une grande attention à l’inculturation de la foi chrétienne. Il croyait beaucoup dans les Africains et dans le futur de l’Eglise africaine", commente pour l’agence missionnaire MISNA le Père Venanzio Milani, vicaire général des missionnaires comboniens.

    Mgr de Souza a occupé la présidence du "Haut Conseil de la République", un organe issu de la Conférence des forces vives de la Nation, qui a rassemblé en février 1990 un demi-millier de représentants de toutes les couches sociales et de toutes les sensibilités du Bénin. C’est cette Conférence qui a décidé la dissolution du gouvernement "révolutionnaire" marxiste-léniniste et de l’Assemblée nationale, ainsi que l’élection d’un nouveau Premier ministre. Mgr de Souza a mené de main de maître cette difficile phase de transition démocratique. Ce prélat catholique affable était accepté par les différents groupes politiques comme la seule personne "neutre" capable de conduire le pays.

    Dérogation exceptionnelle du Vatican

    Dans le cas de Mgr de Souza, le Vatican a dérogé exceptionnellement - et pas vraiment de gaîté de cœur - au principe de l’interdiction pour un prêtre d’exercer une activité politique, tout en posant une condition: le mandat de l’évêque de Cotonou devait être une solution transitoire. Mgr de Souza a abandonné sa charge politique et repris ses activités pastorales en 1991, aussitôt après l’entrée en fonction du nouveau président de la République Nicéphore Soglo. Le Bénin compte 18,5% de catholiques, 2,6% de protestants et 15,2% de musulmans. Les deux tiers de la population (61,4%) sont animistes. (apic/misna/kna/be)

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