Belgique: vocations dans l’Eglise (100589)
Bruxelles, 10mai(APIC/CIP) Jeunes déjà engagés en Eglise ou jeunes encore
en recherche de leur vocation, ils étaient une centaine à avoir récemment
répondu à l’invitation du Service des Vocations de Bruxelles, qui organisait une rencontre avec le cardinal Danneels.
"Pourquoi y a-t-il si peu de jeunes en Belgique qui s’engagent dans la
vocation sacerdotale ou religieuse, alors que les besoins de la Belgique
sont si grands?" La question soulevée en octobre dernier par l’archevêque
de Malines-Bruxelles devant un auditoire de jeunes d’Europe continue d’interpeller. Comment les jeunes eux-mêmes la ressentent-ils?.
Quatre témoins ont exprimé devant le cardinal Danneels leurs premières
impressions: "Il y a, reconnaissent-ils, un réel respect de la liberté de
ceux et celles qui s’engagent. Il y a aussi, au départ, une grande confiance dans le Dieu de Jésus-Christ. Mais il y a tout de même une grande incompréhension devant une vocation de la part des familles, de l’entourage,
voire... des communautés chrétiennes. Pourtant, ajoutent ces jeunes, nous
voulons nous engager, nous désirons être clairs, être heureux, vivre l’aujourd’hui de Jésus-Christ dans la vérité, la fidélité, la joie... Notre
question: ne manque-t-il pas, quelque part, une audace de nos communautés?"
Des portes d’accès
En écho aux questions des jeunes, le cardinal Danneels a insisté sur
quatre grands points. Oui, a-t-il souligné, l’Eglise appelle encore aujourd’hui. Mais celui qui entend s’engager à la suite du Christ ne peut
oublier qu’il est appelé par un "Jésus pauvre", qui demande un regard
transparent, "sans arrière-pensée", un regard chaste et obéissant, un regard de "serviteur" tourné vers "les plus pauvres".
Comment découvrir si on est appelé? On le découvre dans la réponse, dans
le "oui" qui est dit et redit à Jésus-Christ, précise l’archevêque. "Car le
oui rend joyeux, tandis que le non engendre la tristesse. S’il y a moins de
vocations aujourd’hui, n’est-ce pas parce que le non est trop souvent
présent? Cependant, la découverte d’un appel, donc le "oui" de la réponse
doivent faire l’objet d’un discernement en Eglise, ajoute le cardinal Danneels: d’ou la nécessité de choisir un accompagnant".
Il y a plusieurs "portes d’accès" à une vocation ecclésiale. Le cardinal
en relève surtout trois: le charisme de la prière, le charisme du service
et de l’amour des autres, le charisme de l’annonce de l’Evangile. Une vocation, rappelle en outre le cardinal Danneels, se traduit toujours dans un
état de vie, que ce soit celui d’un laïc engagé dans la société ou même lié
à un Institut de vie consacrée, ou celui d’un religieux inséré dans une
Congrégation active ou contemplative, ou celui d’un diacre marié, ou celui
d’un prêtre.
Des guides et du temps
Deux points particuliers ont encore été mis en relief dans l’échange
avec le cardinal Danneels. D’abord, celui qui s’interroge sur sa vocation
ne peut rester seul avec ses questions, voire courir le risque d’un "vagabondage spirituel". L’aide d’un vrai guide spirituel lui sera précieuse.
Quant à s’engager pour un, deux ou trois ans... en laissant ouverte
l’option d’un engagement définitif..., pourquoi pas? C’est une manière, en
effet, de vérifier si l’on est appelé, de répondre à l’invitation de Jésus,
dont les premiers mots, selon l’Evangile de Jean, sont: "Viens et vois..."
Bien entendu, pour qu’il soit authentique, un engagement à court terme doit
être dans toute sa réalité. (apic/cip/pr)