"Néo-libéralismes et conservatisme:
pour un discernement éthique et évangélique"
Bruxelles, 6janvier(APIC/CIP) Il ya plusieurs manières de défendre la liberté, la sienne et celle des autres. Il y a aussi plusieurs manières de
défendre un ordre social. Libérer pour qui et pour quoi? Conserver pour qui
et pour quoi? Ces questions sont aujourd’hui en débat dans les domaines
économique, politique, social et culturel. Un discernement s’impose. La
Commission Justice et Paix y contribue par un nouveau document: "Néolibéralismes et conservatisme. Pour un discernement éthique et évangélique".
C’est d’abord une série de faits qui ont provoqué la réflexion de la
Commission Justice et Paix. Fins de mois plus difficiles, pertes d’emploi,
accroissement des pauvretés et des inégalités: la solidarité et la justice
sociale sont fortement mises en question depuis quelques années.
Mises en question? Pourtant, des personnes de convictions philosophiques
et politiques assez différentes s’entendent volontiers sur "l’aide aux plus
démunis", la nécessité de "se serrer la ceinture" pour ne pas augmenter la
dette publique, le devoir d’encourager des investissements pour créer de
l’emploi, le refus de mettre tout "sur le dos" de l’Etat...
Embrouillamini
Opinion, doctrines, orientations pratiques ou politiques se croisent aujourd’hui dans un embrouillamini tel que le discernement éthique devient
difficile. Il est néanmoins essentiel: comment agir efficacement sur les
causes des injustices si l’on continue, dans le même temps, de soutenir des
orientations politiques, sociales, économiques qui les perpétuent ou les
renforcent?
C’est tout cela qui a retenu l’attention de la Commission Justice et
Paix depuis de nombreux mois. Le document qu’elle présente aujourd’hui a
demandé beaucoup de travail, parce qu’il refuse d’accuser, de façon simpliste, le libéralisme ou le néo-libéralisme de tous les maux. Il montre
cependant que libéralisme et conservatisme peuvent se rencontrer ou se conforter mutuellement, sans pour autant partager, au départ, les mêmes aspirations. Analyse critique des courants en présence, mise en perspective
historique, réflexion éthique contribuent à faire naître une clarté nouvelle sur les problèmes posés.
Et les chrétiens?
C’est évidemment d’abord en fonction du public chrétien que ce document
a été pensé et préparé. les collaborateurs ne se sont pas contentés de
juxtaposer des réflexions d’ordre économique, historique, philosophique,
sociologique ou théologique. Ils en ont dégagé une cohérence pour pouvoir
reformuler le problème fondamental en termes éthiques et à la lumière de
l’Evangile. Quelle vision de l’homme est en jeu dans les choix économiques
et politiques de la société actuelle? La dignité et l’espérance humaine,
telles que la Bible les présente, y trouvent-elles leur compte?
La Commisssion Justice et Paix ne prétend pas apporter aux problèmes que
posent les néo-libéralismes et le conservatisme "la" réponse chrétienne à
contresigner par tous. Elle espère seulement fournir des éléments qui favoriseront un meilleur discernement des chrétiens à ce propos et, ce faisant,
bâtiront peut-être un consensus nouveau, moins naïf et moins fataliste par
rapport aux évolutions d’aujourd’hui. (apic/cip/bd)