Belgique: trois voyages de Paul VI vus par la presse belge (020793)
Bruxelles, 2juillet(APIC) Une plaquette intitulée "Extra muros", publiée
par trois auteurs de l’Université catholique de Louvain sous les auspices
de L’Institut Paul VI de Brescia, en Italie, analyse les réactions de la
presse belge à trois voyages de Paul VI, Jérusalem, ONU et BIT, ettectués
entre 1964 et 1969.
L’ouvrage est né du désir "de savoir quelles furent les réactions des
opinions publiques face aux changements intervenus dans l’attitude de
l’Eglise vis-à-vis de la communauté internationale durant le pontificat de
Paul VI.
L’introduction relève la valeur symbolique des trois voyages: "Les religions non-chrétiennes à Jérusalem, la communauté internationale dans sa diversité et complexité à New York, le monde du travail à Genève". L’ampleur
du thème a imposé des limites rigoureuses à l’enquête, qui porte sur l’ensemble de la presse belge, à quelques exceptions près.
Un premier chapitre évoque le contexte dans lequel les voyages de Paul
VI ont eu lieu, après le Concile: détente et décolonisation. Le second présente à gros traits la presse belge quotidienne et hebdomadaire des années
60, avec ses clivages linguistiques et idéologiques, son évolution en
fonction de la situation démographique, son public, sa place parmi les autres médias.
Le chapitre 3 donne des statistiques par aires linguistiques. Il ressort
que la place accordée aux trois voyages par la presse quotidienne est chaque fois moins importante, tandis que les hebdomadaires et les mensuels se
signalent par une attitude moins homogène.
Un signe de changement
Les réactions de la presse francophone font l’objet du chapitre 4. "Dès
le départ, les voyages de Paul VI furent perçus par la presse francophone
comme les révélateurs d’une évolution marquée de l’Eglise catholique", affirment les auteurs. Mais ce qui frappe est le peu d’approfondissement auquel ils ont donné lieu du point de vue idéologique, la presse se limitant
en général à une relation descriptive.
Dans la presse flamande également, on perçoit les voyages comme un signe
des changements intervenus dans l’Eglise, mais "les interprétations sont
différentes en fonction de la coloration idéologique des organes de presse". Dans les journaux catholiques, on leur donne une double signification:
religieuse et politique. "Désormais, l’Eglise veut souligner l’universalité
de son message, ainsi que son profond désir de paix et de justice sociale."
De leur côté, les journalistes libéraux et socialistes flamands "expliquent
la nouvelle attitude de l’Eglise catholique sur la scène internationale par
le fait que celle-ci veut se donner un nouveau visage, plus pacifique au
plan social, en vue d’enrayer la tendance à la déchristianisation, qui risque de lui faire perdre son audience et son influence dans le monde (...)
Ils sont sceptiques quant à la mise en pratique des discours de Paul VI".
La plaquette observe en conclusion que la perception par la presse belge
des voyages de Paul VI "est en grande partie marquée par ses clivages linguistiques et politiques. Mais ces voyages sont bien perçus "comme la volonté de l’Eglise de s’ouvrir davantage sur le monde, afin de rendre son
message plus universel, même si les avis sur les causes, les conséquences
et les finalités de cette nouvelle attitude de l’Eglise à l’égard de la société divergent. (apic/cip/pr)