Belgique: Travail et temps libre (091089)
Bruxelles, 9octobre(APIC) Réduire le temps de travail? Combien le souhaite parmi les Wallons et les Bruxellois? A quelles conditions? Comment gérer
le temps libre? Les Equipes populaires, mouvement chrétien belge d’éducation permanente des travailleurs, ont mené à ce sujet une enquête originale
au cours de l’année sociale 1988/89. Les résultats de cette enquête, faite
auprès de 1468 personnes, ont été rendus publics au cours de la session nationale que le mouvement a organisé samedi 7 octobre. Les résultats sont
surprenants.
Premier constat: 85% des personnes de plus de 18 ans interrogées en Wallonie et à Bruxelles sont favorables à l’idée de réduire le temps de travail à quatre jours par semaine, tout en bénéficiant d’une réduction d’impôt qui ne leur ferait pas perdre plus de 1000 FB (40 FS) par mois. Tel est
le premier résultat de cette enquête, inattendu dans son ampleur.
Et si la réduction du temps de travail s’accompagnait d’une réduction de
10% des revenus? Cette proposition recueille l’accord de 8 à 9 personnes
sur 10, mais à certaines conditions: que l’on ne touche pas aux revenus de
moins de 40’000 FB par mois (1600 FS), que les hautes revenus soient au
moins réduits de 10% et que la réduction de tous les revenus serve réellement à créer des emplois pour d’autres.
Parmi les mesures envisagées pour promouvoir l’emploi, c’est également
la réduction du temps de travail qui est plébiscité par 76% des Wallons et
Bruxellois. Deux tiers des répondants citent ensuite la réduction d’impôts,
mais cette mesure est surtout préconisée par les personnes à revenus moyens
(50’000 à 80’000 FB, 2000 à 3200 FS) et à travail stable. Une mesure telle
que la création d’emplois dans le secteur public ne rencontre qu’une moitié
d’avis favorables, principalement parmi les personnes peu instruites. Enfin, il n’y a pas 4 personnes sur 10 qui croient au développement des emplois précaires, notamment via le Cadre Spécial Temporaire ou le Troisième
Circuit de Travail: les premiers à souhaiter ces emplois pour les autres
sont ceux qui ont eux-mêmes un revenu élevé et un diplôme supérieur.
Des loisirs pour la famille
Devant le temps libre, les individus ne sont pas égaux. L’enquête révèle
que la femme consacre par jour une heure de plus que l’homme aux activités
ménagères lorsqu’ils exercent tous les deux un métier. Et lorsqu’aucun des
deux n’a un emploi, c’est deux heures de plus que l’homme que la femme consacre au ménage.
Comment les Wallons et les Bruxellois gèrent-ils ou voudraient-ils gérer
leur temps libre? Ici, les préférences ne correspondent pas toujours aux
pratiques réelles. Ainsi, parmi une dizaine d’activités proposées, les
choix se portent d’abord sur la lecture d’un livre ou d’un journal (22%),
puis sur le sport (11%) et le bricolage (10%), la télévision n’arrivant
quant à elle qu’en 8e position (6%) et les activités de rencontre en dernier lieu, avec 4%.
Les Equipes Populaires n’ont pas entrepris cette enquête pour le seul
plaisir d’une connaissance statistique. Depuis 1984, les 2’000 travailleurs
que regroupe le mouvement dans ses 200 équipes locales, se penchent beaucoup sur le problème des exclusions sociales. Deux campagnes biennales les
ont amenés successivement à "analyser les mécanismes d’exclusion" pour promouvoir des initiatives concrètes en vue de "recréer la solidarité". L’Enquête faite à propos du travail et du temps libre a été réalisée en collaboration avec des scientifiques de la Fondation "Travail-Université".
(apic/cip/pr)