Belgique: sondage dans les écoles secondaires catholiques (050589)
Bruxelles, 5mai(APIC/CIP) L’épanouissement personnel est au hit-parade
des valeurs en Belgique. Ce problème préoccupe les jeunes davantage que la
religion. Du moins occupe-t-il la première place dans les écoles secondaires catholiques en Flandre ainsi que le révèle une mini-enquête menée
récemment dans une vingtaine d’écoles touchant une centaine de professeurs
et quelque 350 élèves.
Bien que les écoles sondées soient réparties dans toute la Flandre, les
personnes interrogées ne forment pas un échantillon vraiment représentatif
de la population des écoles secondaires catholiques en Flandre. Les enquêteurs n’avaient d’ailleurs pas la prétention d’effectuer une recherche
scientifique, mais simplement d’obtenir une image approximative à l’aide de
quelques coups de sonde. Sans pouvoir généraliser les résultats de cette
enquête, on peut tout de même y découvrir des indications de tendance, qui
interpellent l’enseignement catholique.
Invités à classer, selon un ordre de préférence, une série de 18 valeurs, les professeurs aussi bien que les élèves ont placé en tête des valeurs personnelles le bonheur, la chaleur familiale, l’harmonie intérieure,
l’amitié et la sagesse.
On pouvait s’attendre à ce que les adultes attachent un peu plus de prix
à l’harmonie intérieure et à la sagesse, tandis que les jeunes mettent un
peu plus l’accord sur la liberté et le caractère "excitant" de la vie. On
est surpris, en revanche, du score peu élevé obtenu par les convictions religieuses: donner un sens religieux à sa vie est rangé, au total, parmi les
cinq derniers soucis.
Trois élèves sur quatre le manifestent clairement: la religion a pour
eux peu d’importance, puisqu’ils lui attribuent une des cinq dernières cotes. Mais il en va déjà de même pour un enseignant sur quatre; 3% des professeurs classant même la religion au tout dernier rang de leur soucis.
Six professeurs sur dix affirment pourtant être croyants et pratiquants,
et la proportion est de neuf sur dix parmi les professeurs de religion.
Mais les problèmes les plus importants aux yeux des enseignants sont ailleurs: dans la vie stressante, pour la plupart des femmes; dans le manque
de temps, pour la majorité des hommes.
Modèles et images
Que veulent être, au juste, les professeurs pour leurs élèves? La majorité des réponses pointe dans la même direction: des modèles! Compétence,
amour du métier, personnalité, attention aux élèves: autant d’aspects sous
lesquels les enseignants entendent montrer l’exemple. Ils se préoccupent
beaucoup moins d’être des adultes modèles en matière d’engagement religieux, social ou politique.
Comment cet idéal que se donnent les professeurs est-il perçu par leurs
élèves? A vrai dire, il y a un décalage important entre l’idéal et la réalité perçue par les élèves. Certes, ceux-ci trouvent très important qu’un
enseignant donne bien ses cours. Deux élèves sur trois attendent même avant
tout de l’enseignant la compétence et l’amour du métier. Mais les jeunes
sont loin de considérer les professeurs comme des figurent de référence.
Quatre jeunes sur dix seulement disent apprécier des professeurs pour leur
attention aux élèves ou leur personnalité. Ils ne sont plus que trois sur
dix à être frappés par leurs convictions religieuses, et deux sur dix à les
estimer pour leur engagement social et politique.
Cet écart entre l’idéal poursuivi par les enseignants et l’image qu’ils
donnent effectivement d’eux-mêmes se retrouve dans le jugement porté sur la
relation enseignants/enseignés. Les professeurs affirment qu’ils entretiennent de bonnes relations avec leurs élèves et parlent souvent avec eux. Les
jeunes, eux, trouvent plutôt leurs profs distants. Les plus distants leur
paraissent être les professeurs de mathématiques et de sciences, les plus
proches les professeurs de religion ainsi que les prêtres et religieux.
Et demain?
Comment peut-on en arriver, dans les écoles secondaires catholiques, à
un enseignement vraiment éducatif et branché sur les réalités? Même si elle
ne fournit qu’un reflet approximatif de la situation actuelle, l’enquête
vient confirmer et préciser un problème de fond quant à l’éducation aux valeurs. Les responsables de l’Enseignement Catholique en sont plus que jamais conscients.
Ces mêmes responsables disent savoir que valeurs et normes sont généralement rejetées lorsqu’elles sont imposées à coups de contraintes. Or, observe-t-on, on se contente encore trop souvent de purement "transmettre"
des convictions. Il semble donc urgent d’instaurer une communication plus
profonde en même temps qu’un dialogue ouvert sur les valeurs. Telle est du
moins la perspective dans laquelle l’Enseignement Catholique souhaite orienter la formation continue des enseignants du secondaire. (apic/cip/pr)