Blankenberge, 20octobre(APIC/CIP) Dans une période de mutation comme aujourd’hui, il n’est pas facile d’y voir clair dans la spiritualité. C’était
l’objet de la session de formation chrétienne qui s’est tenue pendant 5
jours cette année à Blankenberge (Belgique) et qui a débuté le dimanche 16
octobre. 300 personnes ont suivi cette session interdiocésaine animée par
une équipe théologique, coordonnée par Simon-Pierre Arnold du monastère de
Wavreumont.
La spiritualité est trop souvent considérée comme un "secteur à part",
alors qu’elle est plutôt "ce qui unifie". C’est dans cette perspective que
Hans Miesen a proposé de se situer dès l’ouverture de la session. La
spiritualité, a-t-il précisé, c’est une façon de risquer sa vie et de
l’assumer devant le grand horizon du monde.
Si l’expérience spirituelle ne veut être une simple fuite, il lui faut
aujourd’hui, a encore suggéré Hans Miessen, prendre en compte trois grands
aspects de la vie des croyants dans le monde actuel. D’abord, qu’on le
veuille ou non, ce monde est marqué par la modernité, avec son attachement
à l’autonomie de l’homme et à la pluralité des conceptions de vie. Ce monde
offre aussi un spectacle permanent d’injustices et de souffrances, qui sont
autant d’invitations à la solidarité avec les victimes. Enfin, il est
impossible de réfléchir à une authentique spiritualité chrétienne en
faisant fi des enseignements de Vatican II sur la mission de l’Eglise dans
le monde.
Abordant davantage la question de la spiritualité en historien, Jean
Pierre Delville a observé que les orientations des mouvements de spiritualité pouvaient partir, de fait, dans tous les sens. Au moment ou l’on remarque un engouement pour certaines sectes, pour l’ésotérisme ou les religions orientales, ne doit-on pas s’interroger : la spiritualité ne recouvre
pas seulement la prière, mais englobe toute l’existence, avec les défis
particuliers que posent, dans une société mopderne comme la nôtre, les injustices, les tensions sociales, le pluralisme, l’indifférence, la technologie, le chômage...
Une méthode originale
Chaque année, la session de Blankenberge réunit laïcs et prêtres, hommes
et femmes, pour une expérience originale de formation et
d’approfondissement en commun. Le pari des organisateurs - la Formation
Permanente Interdiocésaine - est d’offrir à tous un espace de liberté et
d’ouverture en même temps qu’une possibilité de travailler sérieusement
pour répondre aux exigences culturelles d’aujourd’hui et aux défis d’un
renouveau. Les échanges et discussions entre les participants constituent
une des faces de la formation; l’autre versant est fourni par les apports
des spécialistes, notamment les théologiens.
Au total, comme se plaisent à le relever les participants à chaque session, c’est toujours un pari qui se vérifie : le peuple de Dieu tout entier
est capable de produire ensemble une réflexion théologique cohérente.
(apic/cip/bd)