Liège,19 août(APIC) 45 missionnaires natifs du diocèse de Liège ont vécu
une journée de rencontre le 13 août à Notre-Dame de Banneux. L’occasion de
témoigner de leur conviction missionnaire et leurs activités multiples.
Le Père jésuite Jean Englebert travaille à Calcutta depuis 36 ans. Il
est chargé de la traduction de la Bible et de la liturgie en bengali. Mais
ses soucis primordiaux le conduisent vers les jeunes de 15 à 25 ans. Il
cherche à donner courage et confiance à ces jeunes chrétiens et les aide à
devenir des adultes responsables. "Je base mon travail sur la formation humaine", précise-t-il, sans viser directement une spiritualité mais sans cacher qu’il a "peur des charismatiques parce que leur discours ’plane’". Le
P. Engelebert insiste sur le danger à Calcutta, ville étranglée par la
pauvreté, de présenter le christianisme comnme une religion détachée.
Curé dans la banlieue de Caracas
L’abbé André Rummens est depuis 7 ans curé de Carapita, dans la banlieue
de Caracas. Selon lui, la vie dans la capitale vénézuelienne est devenue
intenable. Le premier problème est celui de l’insécurité et de la violence.
"Dans ma paroisse, explique-t-il, on tue chaque semaine plusieurs personnes
par balles. On tue les chauffeurs de taxis, on tue les jeunes pour une paire de baskets". Cette violence est le plus souvent liée à la drogue. Des
bandes rivalisent pour contrôler les quartiers de la ville. le jeunes toxicomanes volent pour payer leur dose.
Dans ces circonstances, la vie de la paroisse se réorganise. Des laïcs
sillonnent les rues deux par deux pour inviter des gens à des rencontres de
sensibilisation. Peu à peu on crée des communautés ecclésiales de base. Les
plus actifs sont les jeunes et les membres des "cours de chrétienté", une
formation de trois jours où l’on donne un résumé de la doctrine chrétienne
avec une pédagogie très enthousiaste.
Au Vénézuéla, analyse l’abbé Rummens, l’Eglise est internationale. A Carapita, par exemple, travaillent des religieuses de huit nationalités. Elle
devient aussi missionnaire: des jeunes s’offrent pour servir dans d’autres
continents.
Dans une lèproserie au Brésil
Soeur Annie Leclercq, des Filles de la charité de Saint Vincent de Paul, au
Brésil depuis 18 ans, refuse d’évoquer le 5e centenaire: "C’est trop triste
de rappeler que le Brésil a été occupé par des étrangers si longtemps".
En négatif, Soeur Annie dénonce violemment le danger des groupes de spiritisme, inspirés d’A. Kardec, qui se repandent un peu partout. En positif,
elle dit son admiration pour les communautés ecclésiales de base qui vivent
une triple ouverture: à la culture locale, à la vie politique et aux valeurs chrétiennes. La religieuse insiste sur le rôle primordial qu’y jouent
les femmes et les jeunes.
Prêtre diocésain du Togo
L’abbé William Kofi Kpakote présente son Eglise diocésaine de Lomé, au Togo, comme "une Eglise pauvre mais heureuse d’avoir choisi le Christ".
L’Eglise au Togo sera centenaire le 28 août 1992, mais les festivités de
commémoration ont été reportées à cause de l’instabilité politique actuelle. L’activité pastorale souffre dans ce pays de la multiplicité des langues. L’abbé Kpakote déplore en outre que "l’Europe occidentale se désintéresse de l’Afrique et se tourne vers l’Est".
Face au Sida en Zambie
Gaby Darmont Soeur blanche décrit la probité civique des chrétiens lors des
élections présidentielles en Zambie. Dans ce pays, la priorité de l’Eglise
est la campagne de "seconde évangélisation": "Il faut approfondir la foi
chrétienne et l’amour de l’Eglise. Les sectes font beaucoup de dégâts en
semant la confusion dans les connaissances religieuses", explique-t-elle.
Soeur Gaby a tenu à mettre en exergue la gravité du sida en Zambie. Dans
la région de Kasamba, où elle vit, 90 % des femmes qui entrent en maternité
sont séropositives. Le sida, dit-elle, est "une plaie qui tue l’Afrique et
qui décline sa jeunesse".
Jeunes missionnaires wallons
Anne-Michèle, Didier, Frédéric, Michèle et Jean-Marie, membres du service
Missionnaire des Jeunes expliquent comment ils vivent l’enthousiasme d’une
foi aux dimensions universelles en Wallonie et à Bruxelles. "Pour moi, explique Anne-Michèle, missionnaire et chrétien, sont synonymes".
La mission, c’est rencontrer et offrir
La journée s’est terminée par une célébration eucharistique présidée par le
vicaire général, K.Gatzweiler. Dans son homélie, il a remercié les missionnaires pour l’ouverture indispensable qu’ils donnent à l’Eglise de Liège.
Il a rappelé les deux verbes qui décrivent la mission aujourd’hui: rencontrer tous les hommes et leur offrir la Bonne Nouvelle de leur libération en
Jésus-Christ.(apic/cip/ak)