Belgique: Rencontre avec les missionnaires en congé. (160792)
Bruxelles, 16 juillet (APIC) En Belgique comme en Suisse les missionnaires
profitent de leur congé pour une rencontre annuelle. Quelque 130 personnes
ont ainsi participé, le 11 juillet, à Gérompont à la rencontre annuelle
avec une douzaine de missionnaires du Brabant Wallon.
Après l’accueil des missionnaires, les personnes présentes ont suivi un
exposé de l’abbé Antonio Mazzato, étudiant brésilien et vicaire de paroisse
à Virginal. Le regard qu’il porte sur la mission est marqué par l’histoire
de l’Amérique latine.
L’Eglise, note d’abord le prêtre brésilien, n’a pas d’autre mission que
celle d’évangéliser. Pour elle, " il ne s’agit pas de présenter une doctrine", mais d’"annoncer une Bonne Nouvelle": "Le royaume de Dieu est proche...Dieu (l’Emmanuel, Dieu-avec-nous) est présent dans le peuple. Il arrive même avant le missionnaire!" .
Chaque peuple ayant sa culture particulière, il est essentiel de l’aider
à lire, dans sa culture, "les signes des temps", signes de présence de Dieu
au coeur de son histoire.
"L’évangélisation n’est pas l’annonce d’une religion", au sens d’un système
religieux auquel il conviendrait d’adhérer pour être sauvé, insiste l’abbé
Mazzato. Certes, l’ouverture à la présence de Dieu implique une conversion,
mais celle-ci est " plutôt un changement de pratique de vie".
Aussi est-ce aux exigences du témoignage chrétien que le prêtre brésilien confronte les grands traits de l’évangélisation de l’Amérique latine
depuis 500 ans. Il s’étonne avec beaucoup d’autres, de l’objectif poursuivi
par trop d’évangélisateurs de l’époque: "Convertir à la culture européennne" des milliers d’indiens pour qu’ils adhèrent au christianisme des Européens. Or, entre la prédication des chrétiens et la recherche de l’or, les
indiens ont perçu un lien trouble: pour les Indiens, l’or symbolisait généralement la puissance de vie du soleil; pour les occidentaux, l’or était
devenu, comme l’argent, une idole de mort.
Pour l’abbé Antonio Mazzato, c’est par le témoignage de vie des chrétiens que le destinataire de l’évangélisation peut comprendre qu’on lui annonce réellement une Bonne Nouvelle. La Bonne Nouvelle de Jésus s’adresse
d’abord aux pauvres et aux opprimés".
L"’option préférentielle pour les pauvres" implique que l’Eglise "se
convertisse à la culture qu’elle veut évangéliser". A la suite de Saint
Paul hier, l’Eglise missionnaire est invitée à se faire "faible avec les
faibles ", "africaine avec les africains, brésilienne avec les brésiliens..."
L’abbé Mazzato cite un exemple réussi et pourtant inattendu d’une rencontre entre l’Evangile et la culture locale: Notre-Dame de Guadalupe, qui
est vénérée comme patronne de l’Amérique latine, est apparue à un Indien
avec un visage et des vêtements d’indienne; elle s’est manifestée au milieu
des fleurs et de la musique, langage des dieux pour les Indiens , elle est
apparue en un lieu, où les Indiens vénéraient la mère des dieux. Et finalement, l’Eglise a reconnu Marie dans la vierge de Guadalupe.
Antonio Mazzato conclut: "Dieu précède et préside la mission. Et c’est
peut-être ça, la tâche du missionnaire: reconnaître la présence de Dieu
dans les cultures et, par là, faire que l’Eglise soit évangélisée".
(apic/cip/ak)