Belgique: relations entre anglicans et catholiques (091092)
Bruxelles, 9octobre(APIC) Les relations entre catholiques et anglicans
ont fait l’objet en ce début de semaine à la Faculté catholique de Louvainla-Neuve, en Belgique, d’une large discussion animée par le chanoine anglican Christopher Bill. Des relations et un dialogue que le Concile Vatican
II a particulièrement permis en raison de son ouverture. Le chanoine Bill a
été représentant officiel de la Commission anglicane dans les conversations
officiellement organisées depuis 1970 entre anglicans et catholiques (ARCIC).
Cette commission réunit des évêques et des théologiens anglicans et
catholiques, tous officiellement mandatés pour clarifier et résoudre les
divergences entre les deux confessions chrétiennes. Ce groupe est à l’origine de plusieurs rapports qui font actuellement l’objet de discussions au
plus haut niveau.
Dans son exposé, le chanoine Bill a tenu à rappeler l’intérêt avec lequel, dans les années 60, l’archevêque anglican d’alors, Michael Ramsey,
ainsi que ses conseillers et les autres primats de la Communion anglicane
ont étudié et suivi, étape par étape, l’évolution du Concile Vatican II.
Ils pouvaient compter, sur place, sur des "observateurs attentifs comme sur
le soutien du secrétariat du Vatican pour l’unité des chrétiens".
Collégialité
Au Concile, le renouveau de la réflexion sur l’Eglise a particulièrement
frappé les observateurs et ceux qu’ils informaient et dont ils recevaient
les réactions, les attentes et les remarques. Les responsables anglicans se
sont particulièrement réjoui de la manière dont la collégialité des évêques
avait été présentée et soulignée par les Pères concilaires. "Il y avait là,
commente le chanoine Bill, de nouveaux chemins qui étaient prometteurs".
Le dialogue anglicano-catholique a pu immédiatement bénéficier des ouvertures du Concile Vatican II. Et le "Rapport final" publié en 1982 sur
les premiers travaux de la Commission ARCIC (1970 - 1981) est là pour en
témoigner. Ce rapport comporte en fait une série de documents et d’éclaircissements sur l’eucharistie, le ministère et l’ordination, et sur l’autorité de l’Eglise.
Le rapport final d’ARCIC?
Comment ce rapport final a-t-il été reçu? Du côté anglican, l’accueil a
été très favorable, sauf dans l’Eglise d’Irlande. A la Conférence de Lambeth, qui réunit les évêques anglicans, tous sauf un se sont associés à la
réception globale du "Rapport final": il est désormais admis que l’ensemble
est en consonance avec la foi anglicane.
Du côté catholique, il a fallu attendre le 5 décembre 1991 pour que le
Vatican fasse connaître sa réaction au "Rapport final". A Rome, le travail
réalisé par la Commission ARCIC a été fortement apprécié et son rapport de
1981 a été salué comme "un jalon significatif non seulement dans les relations entre l’Eglise catholique et la Communion anglicane, mais aussi pour
le mouvement oecuménique dans son ensemble". Après un examen aussi long que
minutieux, le Vatican a néanmoins estimé que le "Rapport final" contient
encore "des divergences et des ambiguïtés qui empêchent sérieusement la
restauration de la pleine communion dans la foi et dans la vie sacramentelle".
Certes, note-t-on encore du côté du Vatican, des convergences importantes se sont manifestées sur l’autorité dans l’Eglise, l’eucharistie, la
succession apostolique, le rapport entre l’Ecriture et la Tradition ecclésiale. Mais des divergences sérieuses subsistent: notamment à propos du ministère ordonné (Rome n’accepte pas l’ordination des femmes, à cause de "la
nature même du sacrement de l’Ordre"); ou encore à propos de la primauté de
Pierre (que tous ne sont pas prêts à relier à "l’infaillibilité pontificale").
"L’Eglise comme communion"
Après la publication du "Rapport final", une nouvelle Commission ARCIC
s’est constituée. Depuis 1982, elle a également beaucoup travaillé et ses
discussions ont abouti en mars 1991, à la publication d’un nouveau document: "L’Eglise comme communion". On retrouve l’écho de ce titre dans un
document publié le 28 mai dernier par la Congrégation du Vatican pour la
doctrine de la foi, sous la forme d’une lettre adressée aux évêques catholiques "sur certains aspects de l’Eglise comprise comme communion".
Pour le chanoine Bill, ce document catholique, qui a connu une longue et
lente gestation avant de paraître, contient assurément des éléments de
grandes valeurs. Il reprend et synthétise manifestement des données du Concile Vatican II et des recherches ultérieures. Et cependant, ajoute le chanoine anglican, on peut se demander si cette lettre aux évêques catholiques
ne manifeste pas une certaine inquiétude et une volonté d’équilibrer deux
dimensions de l’Eglise: "primauté et collégialité". (apic/cip(pr)