Bruxelles, 30mars(APIC/CIP) Les évêques de Belgique ont lancé un appel en
faveur de la paix et du respect mutuel tout en assurant les communautés musulmanes du pays de leur sympathie après l’assassinat de l’imam responsable
et du bibliothécaire du Centre Islamique et Culturel à Bruxelles. Les
évêques ont également rappelé à cette occasion que "toute vie humaine est
sacrée et exige de chacun le plus grand respect".
C’est à quatre jours du Ramadan que l’imam Abdallah al-Ahdal, un Saoudien sunnite de 35 ans, et le directeur de la bibliothèque, Salem el Behri,
un Tunisien de 40 ans, ont été retrouvés morts en fin d’après-midi dans les
locaux de la mosquée du parc du Cinquantenaire.
L’imam avait plaidé devant les écrans de télévision pour la tolérance et
la démocratie dans l’affaire Rusdhie. Même s’il avait lui-même condamné le
livre des "Versets sataniques", il n’avait pas été d’accord avec l’appel au
meurtre lancé par l’ayatollah Khomeiny. Il avait toutefois précisé qu’en
pays musulman, un auteur comme Salman Rusdhie devrait répondre de ses actes
devant un tribunal.
La mission islamique
Il y a deux ans que Abdallah al-Ahdal était à la tête du Centre
Islamique et Culturel de Belgique et qu’il dirigeait du même coup la
mosquée de Bruxelles. Le Centre, créé en 1963, a reçu la personnalité
juridique deux ans plus tard, et a été rendu possible par la Ligue
islamique mondiale, et en particulier par l’Arabie Saoudite et son
important soutien financier.
Ce n’est pas exactement ce Centre islamique, mais un Conseil supérieur
des musulmans de Belgique, qui représente la communauté musulmane dans le
dialogue institutionnel avec l’Etat belge. L’imam qui dirige la mosquée de
Bruxelles siège évidemment à ce Conseil, qui est repsonsable de
l’organisation du culte islamique en Belgique ainsi que de l’enseignement
de l’islam, religion reconnue officiellement dans le pays en 1974.
S’ils dépendent, pour l’organisation du culte et l’enseignement religieux, des décisions de leur Conseil supérieur, les 250.000 musulmans de Belgique, même quand ils résident à Bruxelles, ne fréquentent pas pour autant
la mosquée du Cinquantenaire. Il existe d’ailleurs une Fédération des Mosqueés et des Associations culturelles islamiques de Belgique, dont les options ne coïnicdent pas avec celles du Centre établi au Cinquantenaire.
Tous les musulmans ne reconnaissent donc pas l’imam du Cinquentenaire comme
le plus haut respeonsable de la communauté musulmane en Belgique. Cette divergence de vues s’explique par des tendances différentes tant au plan religieux qu’aux plans culturel et politique. (apic/cip/bd)