Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    En Belgique comme en Algérie, les clichés ont la vie dure

    Belgique: Quelle compréhension entre chrétiens et musulmans? (110188)

    Bruxelles, 11janvier(APIC/CIP) Il n’est pas facile d’être musulman à Bruxelles. Il n’est pas plus évident d’être chrétien en Algérie. Dans les deux

    cas, pourtant, les interpellations sont mutuelles. Mais on dirait qu’elles

    ne sont pas entendues comme il convient comme le montre le dernier numéro

    de Solidarité-Orient, édité par l’association du même nom à Bruxelles.

    Parmi les articles de la revue l’un est consacré à l’immigration maghrébine et turque en Belgique. L’immigration maghrébine a été tout d’abord encouragée dans les années soixante par les responsables politiques belges

    pour assurer une relève économique et une relève démographique. Mais depuis

    1967, l’immigration est volontairement freinée. Il n’y a pratiquement plus

    d’immigration maghrébine, La plupart des jeunes n’a donc "jamais migré",

    puisqu’ils sont nés en Belgique. On ne peut donc pas dire qu’il faut "les

    renvoyer chez eux". Cette situation demande une "politique d’intégration

    responsable". Il faut "considérer ces "seconde et troisième générations"

    comme des bi-nationaux, à l’insertion sociale et professionnelle desquels

    il est normal que la Belgique consacre temps, argent, énergie, et imagination institutionnelle, eu égard à leurs problématiques spécifiques".

    Une leçon algérienne

    Et dans un pays du Maghreb, comment cela se passe-t-il pour des Européens? Et en particulier pour les chrétiens immigrés en terre musulmane?

    "Solidarité-Orient" a posé la question à l’archevêque coadjuteur d’Alger,

    Mgr Henri Teissier.

    Mgr Teissier précise d’abord que l’Eglise d’Algérie "n’a plus d’institutions qui lui soient propres, sauf exception". Donc, la rencontre avec les

    Algériens musulmans se passe, pour la grande majorité des chrétiens, "par

    la médiation du service professionnel: l’enseignement, la santé, l’industrie, l’action sociale, la culture, etc.", ainsi qu’à travers "la vie de

    quartier ou de loisir, l’engagement en commun dans certaines associations

    humanitaires et, surtout, les amitiés personnelles".

    Pour l’archevêque coadjuteur d’Alger, la plus grande difficulté dans la

    rencontre entre chrétiens et musulmans ne vient pas de la conception propre

    à chacune des deux religions. Le problème est plutôt d’ordre culturel. Mises à part quelques personnalités, note-t-il, "nos interlocuteurs musulmans

    donnent presque toujours l’impression de ne pas avoir la moindre idée de ce

    qu’est le christianisme réel. Le Coran leur donne une image d’un Jésus qui

    ne correspond pas avec celui que nous connaissons de l’Evangile. Il les habitue à l’idée que les chrétiens d’aujourd’hui ne sont pas les vrais

    disciples de Jésus et les empêche de chercher à comprendre ce qui fait le

    centre du message chrétien tel qu’il s’est développé dans l’histoire."

    "On dira, ajoute l’archevêque, que les chrétiens connaissent mal l’Islam. Je répondrai que nombreux sont ceux qui s’efforcent de le comprendre à

    partir des sources musulmanes elles-mêmes, alors que le partenaire musulman

    continue à regarder le christianisme à travers le prisme coranique. Ceci

    lui interdit de rencontrer le chrétien tel qu’il est et fausse, par conséquent, toute la relation."

    Et le fondamentalisme?

    Est-ce que le dialogue entre chrétiens et musulmans ne serait pas aussi

    faussé par le fondamentalisme, cette manière étroite de se rattacher aux

    textes fondateurs qu’on prend au pied de la lettre? Mgr Teissier le pense

    aussi, mais précise aussitôt que tout l’islam ne se réduit pas à l’interprétation fondamentaliste.

    "Il faut savoir, dit-il, que le fondamentalisme actuel menace d’abord

    les musulmans eux-mêmes. Peu à peu des voix très diverses s’élèvent pour

    répondre à ceux que Bruno Etienne appelle les partisans de "l’islam radical". Même un penseur traditionnel formé à El-Azhar comme le Cheikh Mohamed

    Al Ghazali, écrivain fécond de la famille des Frères Musulmans, vient de

    publier un ouvrage entier ou il reprend tous les versets coraniques qui, à

    première lecture, semblent appeler les croyants à user de la violence contre leurs ennemis, afin de leur donner une autre interprétation. A mon

    avis, seul cet effort des musulmans, s’il se multiplie, pourra permettre

    aux non-musulmans de comprendre l’islam. Il n’âppartient pas au chrétiens

    de dire ce qu’est l’islam, mais aux musulmans eux-mêmes. En Algérie, depuis

    deux ou trois ans, un gros effort a été fourni dans les mass media pour

    répondre aux extrémistes en les invitant à faire de leur islam une religion

    du respect de l’autre, de paix et de "juste milieu"."

    "L’important, dans le moment actuel, conclut Mgr Teissier, c’est de faire la vérité dans les relations quotidiennes entre les membres des deux

    communautés. Et le terrain privilégié de cet engagement, c’est le service

    de l’homme, ensemble." (apic/cip/bd)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus