Belgique: quel avenir pour les cours de religion et de morale? (280990)
Bruxelles, 28septembre(APIC) La suppression récente des examens de religion et de morale dans l’enseignement directement organisé par la Communauté francophone de Belgique signifie-t-elle que ces cours sont désormais
"placés sur un siège éjectable"? La question a été posée en ces termes le
26 septembre à Mellet (Charleroi/Belgique), lors d’une assemblée de 150
professeurs de religion catholique et de morale dans l’enseignement officiel. Ils se sont réunis avec leurs inspecteurs ainsi qu’avec des professeurs de religion protestants.
Ces "états généraux" avaient été convoqués par le Collectif des Professeurs de Religion (CPR), qui s’est constitué en comité de vigilance, d’étude et d’action en 1988, au moment de la révision de l’article 17 de la Constitution concernant l’enseignement de la religion et de la morale non confessionnelle.
Les craintes exprimées à l’époque par les enseignants devant la fragilité du statut reconnu aux cours dits "philosophiques" ont été ravivées cet
été par la publication d’un "vade mecum" officiel, inspiré par une circulaire du ministre de l’Education Yvan Ylieff. Même si cette décision ne
touche pas l’enseignement subventionné, les enseignants estiment qu’une
telle mesure, prise sans concertation. indique une mise en cause progressive d’un principe que d’aucuns considéraient comme acquis: l’organisation
nécessaire d’une éducation religieuse ou morale dans le cadre scolaire.
Le nouvel article 17 de la Constitution impose à chaque Communauté en
Belgique l’obligation d’offrir le choix, dans son enseignement, entre le
cours d’une des religions reconnues par l’Etat et le cours de morale non
confessionnelle. La Constitution garantit ainsi le libre choix des parents
pour leurs enfants. "Mais c’est seulement une garantie minimale", commente
un professeur de religion qui, avec quelques collègues, a examiné de plus
près les textes légaux.
La Constitution belge ne garantit nullement l’organisation effective de
cours de religion et de morale dans toutes les écoles administrées par la
Communauté francophone. Certes ces cours continuent d’être obligatoirement
organisés dans les écoles officielles, primaires et secondaires, en vertu
de la loi du Pacte Scolaire de 1959. Mais il suffit désormais d’un simple
décret de la Communauté pour la modifier et en finir avec la présence obligée d’au moins un cours de religion et d’un cours de morale dans l’enseignement officiel!
Lettre au ministre de l’Education
Pour l’abbé Jean-Marie Virlet, inspecteur de religion, "les cours de
religion et de morale constituent un enjeu capital pour l’éducation des
valeurs. D’autant plus que la crise du monde occidental semble être
fondamentalement une crise des valeurs. Il est donc indispensable que,
pendant leur scolarité, les élèves aient l’occasion de réfléchir à la
dimension éthique de leur vie, et cela dans le respect du pluralisme de
notre société".
Au terme de la rencontre de Mellet, les enseignants présents ont signé
une lettre adressée au ministre Ylieff, où ils réaffirment "toute
l’importance des cours d’option philosophique dans l’enseignement officiel,
tant de la Communauté que des provinces et des communes". Les enseignants
redisent en outre au ministre qu’ils sont opposés "à toutes mesures qui
réduiraient la place des cours de religion et de morale dans le cadre des
cours généraux de l’enseignement primaire et secondaire". (apic/cip/pr)