Belgique: publication par les évêques belges (060590)
Bruxelles, 6mai(APIC) On meurt aujourd’hui de moins en moins chez soi. Ce
qui incombait jadis aux membres de la famille et aux voisins relève désormais des entreprises funéraires. Le funérarium a d’ailleurs remplacé la
maison mortuaire et le corps du défunt, parfois incinéré, n’est pas toujours inhumé. C’est en fonction de ce nouveau contexte et du changement
dans les usages que les évêques de Belgique viennent de publier quelques
directives concernant les funérailles chrétiennes.
Pour les évêques, il s’agit certes de tenir compte des coutumes, des
traditions locales et des mentalités. Mais il s’agit aussi d’affirmer et de
célébrer l’espérance qu’implique la vision chrétienne de la mort.
Les directives pastorales des évêques attirent l’attention sur huit
points, à commencer par le contact avec la famille du défunt. Il est normal, en effet, que celle-ci soit entourée de la sympathie de la communauté
chrétienne locale, dont le prêtre ou un responsable veillera aux visites
qui s’imposent, y compris pour préparer la liturgie des funérailles.
Les évêques recommandent également la veillée de prière, organisée à la
veille des funérailles. Cette veillée doit avoir son "caractère propre"
(elle ne doit pas copier l’eucharistie) ainsi que "sa dignité et son sens
religieux", notamment si les circonstances imposent de l’organiser au funérarium.
La liturgie des funérailles
Dans tous les cas, les funérailles seront célébrées "avec le plus grand
soin", car la liturgie "ne peut faire aucune distinction de personne". Cette liturgie est souvent, mais pas nécessairement, une célébration eucharistique. S’il n’y a pas d’eucharistie, il ne peut évidemment s’agir de "funérailles au rabais".
Dans le cadre de l’eucharistie, l’homélie permet d’évoquer la personnalité du défunt, mais ne doit pas devenir une "oraison funèbre": son rôle
est avant tout d’annoncer et d’actualiser la Parole de Dieu. De même, la
prière universelle, reliée aux circonstances concrètes, doit avoir une portée "réellement universelle". Quant à l’offrande, occasion d’un témoignage
de sympathie envers le défunt et ses proches, il est bon de souligner la
dimension profonde d’offrande de l’Eglise à Dieu, en union avec le Christ.
La patène qui, dans ce cas, est proposée à la vénération des fidèles qui se
proposent de communier; cette proposition reste libre: des personnes peuvent simplement s’incliner devant le corps du défunt. Enfin, "la célébration eucharistique à l’occasion d’un décès a toujours lieu à l’église, jamais à la maison mortuaire, ni au funérarium, ni au crématoire": elle concerne en effet l’Eglise comme telle, et non un cercle restreint en privé.
Enterrement et crémation
Dans la liturgie des funérailles, le "dernier adieu" est un "moment
fort". Les évêques suggèrent que l’assemblée liturgique entoure alors le
cercueil pour exprimer son adieu dans la prière et le chant. Les prières
d’adieu se poursuivent au cimetière, soutenues par l’animation d’un responsable, si possible le prêtre qui "aura à coeur d’accompagner".
Par ailleurs, les évêques de Belgique constatent que l’"usage de faire
incinérer le corps des défunts et de ne plus inhumer s’est fortement développé durant les dernières années, du moins en certaines régions". Ils n’y
voient pas d’objection, même si, ajoutent-ils, "l’Eglise donne la préférence, pour des raisons symboliques, à l’inhumation. En effet, Jésus a été mis
au tombeau, et, pour un chrétien, il s’agit de mourir comme le Christ pour
ressusciter avec lui".
Normalement, la crémation doit suivre la liturgie des funérailles. Celle-ci peut d’ailleurs se poursuivre par un court service de prière au crématorium. "Ici, le respect pour le corps du (de la) défunt (e) et la foi
chrétienne en l’au-delà se traduiront dans le respect pour l’urne dans laquelle sont conservées les cendres du corps. Les chrétiens auront à coeur
de faire inhumer ces cendres au cimetière, ou de les faire déposer dans un
columbarium. Ce lieu restera pour les proches une invitation constante pour
venir prier et pour garder en honneur la mémoire du (de la) défunt (e)".
C’est pourquoi, concluent sur ce point les évêques, "cette pratique est
certainement préférable à la dispersion des cendres". (apic/cip/pr)