Belgique: pour qui la fête de la communauté française (260990)
Bruxelles, 26septembre(APIC) "La vie associative est en danger. Elle a
l’impression d’avoir été lâchée et elle cherche, en vain, un partenaire solide, décidé, cohérent, conséquent"... Ainsi débute une lettre ouverte,
adressée sous forme de S.O.S., par deux responsables d’institutions d’inspiration chrétienne "à tous les partis francophones de Belgique", à la
veille du 27 septembre. Pour qui est donc la fête de la Communauté française? C’est la question que posent Georges Rémion et Stéphan Grawez, deux signataires de la lettre ouverte.
Le premier est secrétaire général de la Confédération chrétienne des
institutions sociales et de santé (CCI): environ 500 institutions de Caritas qui emploient 40’000 travailleurs, au service de la petite enfance, des
jeunes en difficulté, des personnes âgés et duu secteur de la santé. Le second signataire est secrétaire général du Conseil de la Jeunesse catholique
(CJC), qui regroupe 25 mouvements de jeunesse catholiques, soit près de
250’000 jeunes.
Les auteurs de la lettre font d’abord état d’une accumulation de difficultés, mettant en péril l’ensemble de la vie associative. Du côté des responsables politiques de la communauté française, comme des Régions wallonne
et bruxelloise, les dirigeants d’associations diverses ne trouvent pas le
partenaire ayant "la largeur de vues et le souci du bien commun qu’ils seraient en droit d’attendre. Mais ils se heurtent à un corps rongé par la
politique politicienne, par la politisation à outrance, par l’irrationnel
et la subjectivité, un corps sans squelette. Dès lors, on a beau multiplier
les lieux de concertation et les commissions en tous genres: ce pantin désarticulé n’empêche pas les déviations, manipulations ou prises de pouvoir".
La lettre dénonce, dans la foulée, "la machinerie politique, qui contraint les travailleurs de terrain à arpenter les kilomètres de couloirs
différents, faire le siège de trente-six cabinets, permanences politiques
et partis, photocopier et fixer notes et rapports par dizaines, téléphoner
cent fois pour toucher soit l’attaché de cabinet toujours en réunion, soit
le fonctionnaire totalement dépassé par les événements". Résultat: les décisions "mort-nées ou bien prises à la petite minute dans une totale incohérence".
Pour les signataires de la lettre, cette "crise profonde dans le
fonctionnement de nos institutions démocratiques trahit une absence totale
d’un projet de société" qui pourrait mobiliser chaque citoyen francophone
et intégrer "les différentes composantes" de la vie en société. Georges Rémion et Stéphan Grawez admettent que les institutions politiques de la Belgique nouvelle doivent faire leur crise de jeunesse. Mais, constatent-ils,
"le drame pour nous, travailleurs de la vie associative, c’est que tous ces
problèmes et effets pervers viennent s’ajouter en surimpression au reste".
"On s’acharne sur le social"
Les institutions et associations actives dans le secteur social et
culturel et dans le domaine de la santé sont particulièrement touchées par
le projet Prime du ministre Hismans qui, dans