Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    en faveur des Indiens et contre un 500e anniversaire

    Belgique: pladoyer de l’évêque mexicain Samuel Ruiz (150390)

    "Les évêque du tiers monde sont trop peu écoutés"

    Namur, 15 mars (APIC/CIP) Venu du Mexique pour le Carême de partage Mgr

    Samuel Ruiz, évêque de San Cristobal de las Casas, dans l’Etat mexicain de

    Chiapas, est actuellement en Belgique. Il était notamment le mardi 13 mars

    l’hôte de Namur, où il a fait entendre lors d’une conférence la voix des

    Indiens en parlant de son ministère auprès des Indiens Mayas qui peuplent

    son diocèse. Mgr Ruiz, 65 ans, est un lointain successeur de Bartolomeo de

    las Casas, célèbre défenseur des Indiens au XVIe siècle et premier évêque

    de Cristobal.

    Le diocèse de Mgr Ruiz compte 2 millions d’habitants, répartis sur

    33’000 km2. L’Eglise locale peut s’appuyer sur les services de 2’000 catéchistes. En revanche, il n’y a que 75 prêtres. "Mais nous n’en sommes pas

    angoissés", relève d’emblée l’évêque, en précisant: "Notre objectif est de

    favoriser la naissance d’une Eglise indienne autochtone".

    "Quand j’ai été nommé évêque, il y a 31 ans, se souvient Mgr Ruiz, j’ai

    été envoyé pour évangéliser les nombreux Indiens qui peuplent la région

    d`où je viens. Plusieurs événements m’ont aidé à évoluer. Ainsi, au Concile

    Vatican II, nous avons appris le droit d’être différents. Par ailleurs, les

    populations indiennes de ma région ont organisé un vaste congrès. Les participants y ont découvert la force d’être unis. Leur rencontre nous a en

    outre permis de comprendre combien nous étions loin des problèmes vécus par

    les populations indiennes. Nous marchions le regard tourné vers les cieux,

    au lieu de prendre en compte les besoins des populations. A partir de ce

    moment-là, nous avons pris nos distances par rapport aux riches, dont les

    intérêts n’étaient pas chrétiens".

    Quelle Eglise pour les Indiens

    Si l’objectif est de favoriser la naissance d’une Eglise indienne autochtone, "il est difficile pour un Indien de devenir prêtre", souligne

    l’évêque de San Cristobal de las Casas. Cette difficulté tient à la différence de culture, estime-t-il en citant le cas d’un jeune indien qui, au

    séminaire, avait dû "dissimuler" son identité indienne mais qui, une fois

    devenu prêtre, fut considéré comme "traître" par sa communauté.

    Mgr Ruiz se dit "triste de constater qu’il n’y a pas encore une seule

    Eglise vraiment autonome. Il y a certes des Indiens qui sont devenus prêtres, mais ils sont occidentalisés". En fait, pour les communautés indiennes, un homme de 30-35 ans qui n’est pas marié est considéré comme un enfant. En revanche, un homme marié, même jeune, est respecté comme un ancien. "Les structures de notre Eglise ne semblent pas comprendre ces éléments culturels", déplore-t-il.

    Pour l’eucharistie, les Indiens rencontrent aussi d’autres problèmes,

    explique l’évêque: "Comment un pain de blé et un vin de raisin peuvent-ils

    être signes de libération? Les Indiens ont été envahis par les Européens.

    Comment les Indiens pouvaient-ils et peuvent-ils considérer comme un Dieu

    de vie Celui qui leur a été présenté par des envahisseurs implacables?"

    "Nous n’étions pas cachés"

    En 1992, il y aura 500 ans que Christophe Colomb débarquait en Amérique

    latine. L’Eglise catholique s’apprête à célébrer ce 500e anniversaire comme

    étant celui de l’évangélisation du continent. Mgr Ruiz observe à ce propos:

    "Pour les Indiens, ce cinquième centenaire est un anniversaire pénible. Il

    y aura bientôt cinq siècles, dit-on, que les habitants de l’Amérique ont

    été "découverts". Mais, répliquent les Indiens, "nous n’étions pas cachés".

    Pourquoi faut-il parler de découverte? C’est au contraire, d’invasion qu’il

    faut parler... Bartolomeo de las Casas parlait même de vol".

    L’évêque de San Cristobal de las Casas considère que le 500e anniversaire de l’arrivée des Européens en Amérique latine "devrait donner lieu à un

    acte pénitentiel". Et d’ajouter: "Que les Europens demandent pardon pour

    tout le mal qui a été fait chez nous! C’est là ce que réclament les Indiens" qui disent: "Notre dépouillement a commencé avec la conquête. Et aujourd’hui, nous n’avons plus assez de terres pour nous et pour nos enfants".

    "Je puis témoigner que les Indiens sont capables de penser par eux-mêmes, poursuit l’évêque. Ils sont conscients d’être fils de Dieu. Et ils

    s’organisent pour exprimer leurs droits. Les Indiens ne sont pas objets de

    notre prédication. Ils ont à devenir de plus en plus sujets de leur propre

    histoire. Les pauvres nous évangélisent. La rencontre de Jésus-Christ leur

    a permis de retrouver la fierté de leur identité indienne et la conscience

    de leur dignité".

    Mais, ajoute l’avocat des Indiens, "les évêques du tiers monde sont trop

    peu écoutés. Si nous étions Européens, on ferait beaucoup plus attention à

    nous. C’est pourquoi je souhaite que les liens se renforcent entre les

    trois tiers monde: Amérique latine, Afrique et Asie".

    Quant à Bartolomeo de las Casas, l’évêque signale que les recherches récentes ont abouti à la découverte de certains écrits qui semblent avoir été

    délibérement cachés. Et Mgr Ruiz de souhaiter en conclusion "que l’Eglise

    proclame un jour la canonisation de cet intrépide défenseur de la dignité

    des Indiens". (apic/cip/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus