Belgique: Pax Christi se prononce contre la modernisation des (130489)
Bruxelles, 13avril(APIC/CIP) La section belge du mouvement catholique
pour la paix Pax Christi a pris la décision d’appuyer la manifestation qui
se déroulera dimanche 16 avril à Bruxelles pour s’opposer à de nouveaux
missiles nucléaires et donc à la modernisation des missiles tactiques "Lance" par l’OTAN. A la modernisation des armes nucléaires tactiques, Pax
Christi oppose une autre solution: miser sur la confiance mutuelle et le
désarmement.
En décembre 1987, rappelle-t-on à Pax Christi, les Etats-Unis et l’URSS
avaient signé l’accord INF prévoyant la mise hors service d’une dizaine de
types d’armes nucléaires à moyenne portée. Depuis le 6 mars toutefois, les
ministres de la Défense de l’OTAN sont saisis d’une propositions des militaires américains pour moderniser les missiles tactiques "Lance". Tout se
passe, déplore-t-on à Pax Christi, comme si "les militaires américains
ignoraient tout des accords signés et des négociations en cours visant à
rétablir en Europe un climat de détente et de confiance réciproque et comme
si, aujourd’hui et plus que jamais, il était impératif de réarmer". La modernisation envisagée par les auteurs de ce projet est en fait un renforcement de l’arsenal nucléaire qui revient à annuler partiellement les effets
de l’accord INF, dénonce le mouvement.
Se voulant fidèle à la consigne de l’Eglise qui invite les chrétiens à
lutter contre la spirale du surarmement et de la violence et à relever le
défi de la paix, le mouvement Pax Christi déclare: "Nous préférons les risques de la confiance réciproque et du désarmement progressif à ceux de la
guerre".
Un climat de dialogue
A quelque jours de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN, qui
discuteront les 18 et 19 avril à Bruxelles de la programmation nucléaire,
diverses sections de Pax Christi en Europe se sont mises d’accord pour
mettre la population en garde. "En comparaison de l’impact de quelques
têtes nucléaires, Tchernobyl peut-être ramené à un quelconque fait divers",
soulignent notamment les responsables de Pax Christi.
Ces derniers précisent en outre: "Pax Christi ne plaide pas pour un
démantèlement unilatéral de l’arsenal militaire, mais pour la création d’un
climat de dialoque et de respect, qui le rende inutile et hors de propos".
Ils insistent aussi sur le "caractère pernicieux des recherches dans le domaine des armes de destruction massives qui ne distinguent ni le combattant
ni le civil sans défense et les vouent à la mort par la destruction de leur
environnement naturel". Ils rappellent que "la tâche de l’armée consiste
essentiellement à défendre la nation, c’est-à-dire la population, ce qui
est autre chose qu’un territoire".
Changer de logique
"Le désarmement s’impose: il faut changer la logique", insiste-t-on à
Pax Christi, car "conçu pour assurer la sécurité, l’armement est paradoxalement devenu sa principale menace". Le refus de la guerre nucléaire ne
suffit donc pas, selon Pax Christi. Tout en encourageant la Belgique à
plaider dans ce sens auprès de l’OTAN, le mouvement catholique pour la paix
estime qu’une politique de sécurité implique deux préalables: "se dégager
de la propagande et de ses contre-vérités, ainsi que des peurs irrationnelles et rétablir progresivement la confiance". Les économies faites dans le
désarmement pourraient alors être réinvesties dans des projets de développement.
Pax Christi espère enfin que le dialogue sur ces questions puisse se
poursuivre au sein des communautés chrétiennes, par fidélité aux "chemins
de la paix" révélés par le Christ.(apic/cip/pr)