proclamer "La vérité sur la foi catholique"
Bruxelles, 3juillet(APIC/CIP) "La vérité sur la foi catholique", "La
vérité sur le Concile"... Des titres de pavés publicitaires de 20 cm de
haut, au texte dense imprimé sur deux colonnes. Depuis plusieurs semaines,
les lecteurs de la presse catholique ont pu découvrir l’un et l’autre,
publiés de préférence le lundi matin par leur quotidien favori.
Lundi 19 juin. Une semaine après "De Standaart", le quotidien Limbourgeois "Het Belang van Limburg" publie à son tour, en page trois consacrée à
l’actualité internationale, "La vérité sur la foi catholique". Sous ce
titre, cinq paragraphes, dont le premier donne le ton, avec une phrase de
onze lignes:
"Vous qui êtes lecteur croyant, peut-être vous a-t-on incité, à l’école
catholique, à l’université ou au séminaire, à critiquer voire à ne pas
croire entre autres en la doctrine officielle de l’Eglise concernant la Divinité de Jésus et son pouvoir de faire des miracles, en la naissance virginale de Jésus et sa résurrection corporelle, en son sacrifice sur la
croix pour la rémission des péchés, sacrifice actualisé dans la Sainte Messe, en sa Présence réelle dans la Sainte Hostie consacrée, en l’Immaculée
Conception et la Virginité de Marie, en la Sainte Eglise comme mystère, en
l’existence de l’enfer comme perdition spirituelle et corporelle après la
mort, dans les anges et les démons comme êtres personnels, dans les pleins
pouvoirs confiés par Jésus au ministère de Pierre. Si en conscience vous
niez ces vérités de foi de l’Eglise catholique ou que vous les contestez,
alors vous n’êtes plus réellement dans la lumière de la foi, mais dans les
ténèbres spirituelles de l’erreur ou de l’incroyance".
Contre les théologiens jugés "modernes"
L’annonce publicitaire intitulée "La vérité sur le Concile", et parue
dès le 30 avril déjà dans le "De Standaart", invitait pour sa part à se
démarquer des théologiens jugés "modernes". "Si nous devons en croire certains professeurs de facultés de théologie et de séminaire, le Vatican - le
Saint-Siège - ne ferait pas droit actuellement aux prétendues aspirations
légitimes des croyants qui, en tant que membres adultes du peuple de Dieu par analogie avec le récit de la parabole de l’Enfant prodigue? - entendent
s’ouvrir à tout ce que propose la culture moderne, à tout ce qui vaut la
peine d’être expérimenté dans la vie".
Et l’annonce d’en conclure: "La confusion en matière de foi et la
permissivité morale qui y est liée, conséquence principale d’une adaptation
non conciliaire à la culture de consommation occidentale, sont à l’évidence
si grandes que certains théologiens vont jusqu’à taxer de vieux jeux voire
de fondamentalistes les catholiques qui entendent rester tout simplement
fidèles au pape et au Concile non falsifié, sur lequel est fondée la
Tradition vivante. Vatican II a-t-il donc moins d’autorité qu’une simple
poignée de professeurs de théologie en rebellion?"
Une initiative très privée
En général, l’émetteur d’un message publicitaire est aisément identifiable: c’est, par exemple, la firme ou l’institution dont la publicité
vante les produits ou les services. Dans le cas présent, cependant, ce
n’est ni l’Eglise catholique comme telle, ni les autorités officielles qui
sont l’auteur du message. Celui-ci est, en effet, signé "Studiegroep Aktueel Geloofsleven", Groupe d’étude pour la vie de foi aujourd’hui. Ce qui ne
fait que relancer la question: de quel groupe s’agit-il en fait?
La première fois qu’un message publicitaire sur la foi catholique a été
diffusé par "De Standaart", il était signé du nom de Thomas More Genootschap, une association catholique flamande placée sous le patronage de
saint Thomas More, grand chancelier d’Angleterre condamné à mort en 1535
par Henri VIII.
La Thomas More Genootschap s’est donné pour objectif d’"être fidèle au
pape, de défendre la vraie doctrine de l’Eglise et de confirmer ses membres
dans cette doctrine". Ce à quoi s’emploie le bulletin mensuel "Positef" que
l’association diffuse à quelque 3’500 exemplaires.
Et pourtant, la Thomas More Genootschap comme telle ne reconnaît pas la
paternité des messages publicitaires parus dans la presse catholique flamande. Le Dr Kiebooms, président de l’association explique pourquoi ces
messages sont désormais signés par un "Studiegroep". "En fait, la Thomas
More Genootschap n’est pour rien dans la rédaction ni le financement des
messages publicitaires parus. Ceux-ci viennent d’un groupe de la région de
Hasselt qui existe depuis environ cinq ans. Il s’agit d’un groupe mixte:
certains membres appartiennent à notre association, tandis que les autres
sont des catholiques qui étudient en groupe des textes du Concile Vatican
II. Le "Studiegroep" a été formé par des membres issus mais ne faisant plus
partie d’un groupe de prière et d’étude de la légion des Petites Ames. Leur
initiative publicitaire est donc une action privée, d’ailleurs financée par
un seul homme".
Quant à la Légion des Petites Ames, bien que fondée primitivement dans
le diocèse de Liège, où ses membres entendent rester en concertation avec
les autorités diocésaines, "elle a des soeurs et des filles en Flandre, qui
se signalent notamment par leur opposition ferme à la communion eucharistique dans la main et par d’autres positions que certains responsables
d’Eglise qualifient de ’un peu trop catholique’, ’plutôt mièvre’ voire
’frisant l’intégrisme!".
Le cri du désespoir
Est-ce efficace, la publicité en faveur de "la vérité sur la foi catholique"? L’investissement, très important, en vaut-il la peine? Ce sont des
questions que l’on se pose au sein de la Thomas More Genootschap, où les
réponses peuvent varier d’un membre ou d’un sympthisant à l’autre: "On ne
va pas critiquer une initiative qui ne vient pas directement de nous... Si
j’avais de l’argent, personnellement, je l’investirais sans doute dans des
projets plus durables... Entre nous, tout le monde n’est pas d’accord sur
le contenu ni sur le style des messages déjà parus..."
"L’Eglise dépense trop d’argent pour proclamer et diffuser ce qui ne se
trouve pas dans les textes même du Concile, précise le Dr Kiebooms. La plupart des organisations dites catholiques n’annoncent plus le Concile. Je
pense à la Faculté de Théologie de la "Katolieke Universiteit de Leuven", à
la Radio et à la Télévision Catholiques flamandes, à l’agence de presse
CIP. L’Eglise dépense trop peu d’argent pour propager les documents du Concile".
Tel serait donc l’enjeu d’un message publicitaire présentant, par exemple, "la vérité sur le Concile"? "Il faut comprendre les messages parus
dans la presse comme un cri de désespoir contre notamment l’Université
Catholique de Louvain, qui a mis la morale catholique au rancart et diffuse
un enseignement contraire à l’encyclique "Humanae vitae" et au Concile,
répond le Dr Kiebooms. Et ce dernier de poursuivre: "Les professeurs de
Louvain qui ont signé la Déclaration de Cologne sont des agnostiques. Il
vaudrait mieux qu’ils quittent l’Eglise catholique et ses universités! Ils
ne le feront sans doute pas, parce que, en dehors de l’Eglise, ils ne
représenteraient plus rien!"
"Oui, ajoute en conclusion le président de la Thomas More Genootschap,
les messages publicitaires sur la foi catholique veulent propager les idées
du Concile et d’"Humanae vitae". Si l’on n’accepte plus des vérités de foi
comme la Virginité de Marie, la Divinité de Jésus-Christ et l’infaillibilité du pape, on se précipite dans les bras de la Réforme. C’étaient les
problèmes de Luther. Mais lui était sincère: il a affiché ses thèses à la
porte de son église, puis il a quitté l’Eglise! Moi, je ne demande pas aux
théologiens que je critique de quitter l’Eglise, mais de ne pas se servir
de l’Eglise pour y propager des thèses qui n’ont rien à voir avec l’Eglise!" (apic/cip/pr)