Ne dites plus O.P.M., dites "MISSIO"
Bruxelles, 7août(APIC/CIP) Les Oeuvres Pontificales Missionnaires - Propagation de la foi, Enfance missionnaire et Oeuvre de S. Pierre-Apôtre-,
centenaires, ont opté pour un nouveau "look". En accord avec les directions
diocésaines, la direction nationale vient d’abandonner son ancienne dénomination, préférant à l’un des innombrables sigles qui encombrent notre société organisée : Opm, une appellation simple, qui fait choc : "Missio".
Les OPM ne renoncent nullement à leur statut d’oeuvres pontificales.
Simplement, pour des motifs d’ordre pastoral, elles ont choisi une
appellation dont le sens s’impose à l’esprit, qui renvoie sans la moindre
équivoque à ce qui constitue à la fois à leur raison d’être et à leur
préoccupation majeure : la mission.
Retour à la "mission"
Mission est pourtant un mot piégé. Au cours de son histoire, il a subi
bien des avatars, étant inévitablement associé aux différentes formes
d’activité missionnaire adoptées par l’Eglise au cours des siècles. Chaque
époque de l’histoire a eu en effet la tentation de récupérer les textes
bibliques relatifs à la mission, afin de justifier et de renforcer ses
propres conceptions.
Un exemple : une certaine façon de présenter l’activité missionnaire de
Saint Paul, qui ne voit en lui qu’un "itinérant" infatigable, avide de
conquêtes apostoliques de plus en plus audacieuses - une sorte de
"conquistador" avant la lettre au service de l’Evangile -, sont dues en
fait à une relecture des Actes des Apôtres en fonction d’un contexte
historique précis : l’époque où la prédominance technique, économique,
politique et même militaire de l’Occident confinait les autres continents
dans une situation d’"assistés", de purs bénéficiaires, même sur le plan
religieux, des "largesses" d’une race supérieure, la race blanche.
Aujourd’hui, à l’inverse, la fin de la primauté de l’Occident a rendu
aux autres continents leur dignité première : la mission se vit davantage
en termes de service, de dialogue, de réciprocité. Et cette mission plus
humble, plus fraternelle, et somme toute plus chrétienne, trouve elle aussi
sa justification dans une lecture nouvelle - et plus fidèle - des textes de
l’Ecriture. N’est véritablement missionnaire, à l’image des apôtres, que
celui qui répond à un double appel du Seigneur : "Viens" (et suis-moi) et
"va". N’est envoyé que celui qui se laisse sans cesse appeler, qui accepte
de suivre Jésus et de vivre dans la plus grande intimité avec Lui. Et
suivre Jésus jusqu’au bout, c’est se retrouver un jour au pied de la croix,
ou même être recrucifié avec Lui.
La mission quelque peu triomphale, voire triomphaliste, des siècles derniers - encore faut-il se garder des jugements trop hâtifs et de certaines
critiques par trop aisées - se purifie aujourd’hui dans l’intériorité, le
rayonnement discret ou, selon les cas, l’ardeur dynamique des jeunes Eglises, exposées souvent à la persécution, réduites quasi toujours à une extrême pauvreté et se solidarisant autant que possible avec les pauvres et
les opprimés.
Pour les Oeuvres Pontificales Missionnaires, prendre le nom de "Missio",
c’est courir un risque, accepter le défi lancé par la Mission
d’aujourd’hui. Plutôt qu’un ravalement superficiel ou un nouveau "look", le
changement de dénomination est une invitation à un changement en
profondeur. Une conversion qui, comme toute conversion, ne sera authentique
qu’en étant permanente. (apic/cip/mg)