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    Belgique: Mgr Gaillot et Mgr Léonard réunis sur le même plateau de TV

    Pour "montrer que l’Eglise n’est pas un bloc monolithique" (160394)

    Bruxelles, 16mars(APIC) Mgr Jacques Gaillot, évêque d’Evreux (France) et

    Mgr André-Mutien Léonard, évêque de Namur (Belgique), étaient tous les deux

    réunis sur le plateau de l’émission catholique de la Télévision belge "Le

    Coeur et l’Esprit" du dimanche 13 mars. Le directeur de la Radio Télévision

    Catholique (RTCB) avait choisi d’inviter deux personnalités d’Eglise de

    sensibilité très différente pour montrer "que l’Eglise n’est pas un bloc

    monolithique où chacun ne serait que la copie de son voisin".

    L’un et l’autre évêques ont d’abord été invités à se présenter à partir

    d’un événement marquant. Mgr Gaillot: "Je suis allé au tribunal pour le

    procès d’un objecteur qui refusait le statut qu’on lui donnait. Je me trouvais au tribunal avec beaucoup de jeunes de la région et je me suis dit:

    "Tu n’es pas un évêque uniquement pour les chrétiens, mais pour tous ceux

    qui ne se réclament pas de l’Eglise"." Mgr Léonard: "L’événement qui m’a le

    plus marqué, c’est quand j’ai perçu en lisant un grand théologien de ce

    siècle, ce qu’est le cri du Christ en croix: "Pourquoi m’as-tu abandonné?"

    J’ai pu mesurer un peu l’immense espérance qui jaillit de la résurrection

    du Christ, et cela m’a fait beaucoup de bien pour rencontrer les situations

    humainement, apparemment, perdues."

    "Mon rôle d’évêque, a précisé Mgr Gaillot, est d’être un diffuseur de

    responsabilité, d’aider à ce que les chrétiens puissent dire "je", de conforter, de dire merci, d’appuyer les initiatives. Nous faisons tous partie

    du peuple de Dieu, et sommes appelés à être libres et responsables." Mgr

    Léonard s’est dit frappé par l’équilibre mis par Vatican II entre la hiérarchie dans l’Eglise et le peuple de Dieu. "Ils ne sont opposés en aucune

    manière. La hiérarchie est à vivre comme un service. C’est un aspect important de sa mission, c’est d’être un successeur des apôtres. On ne peut pas

    être un successeur des apôtres sans travailler en concertation, avec les

    autres évêques, et sans être en dialogue avec les confrères prêtres et avec

    les laïcs. Ils se confortent quand ils sont bien vécus." L’évêque de Namur

    renvoie, à ce propos, à son expérience dans les visites pastorales de son

    diocèse, où il entend "encourager la responsabilité des laïcs, la reconnaître et l’honorer".

    Le langage de l’Eglise n’est-il pas souvent mal reçu? "Le langage des

    responsables de l’Eglise ne passe pas toujours bien, reconnaît Mgr Gaillot.

    Je crois qu’il faudrait que résonne davantage la passion pour les gens. On

    ne peut évangéliser sans aimer. Le message n’apparaît pas assez comme une

    Bonne Nouvelle". "Jésus lui-même n’a-t-il pas fait l’expérience de l’incompréhension? relève Mgr Léonard. La raison pour laquelle le message n’est

    pas reçu peut donc tenir d’abord au "tranchant de l’Evangile". La formulation peut également rendre la communication difficile, mais une des difficultés est que le magistère doit s’adresser à la planète entière, observe

    encore l’évêque de Namur. Tous deux s’accordent sur un critère sûr : "Le

    message est reçu quand les petits et les pauvres accueillent la Bonne Nouvelle." "Les exclus eux-mêmes doivent pouvoir parler, et nous devons être

    là où les gens souffrent: chômeurs, malades", insiste Mgr Gaillot. Et Mgr

    Léonard d’ajouter: "Nous devons libérer la parole."

    Le lien avec les exclus

    Quelle attitude avoir vis-à-vis des exclus, ou des déçus de l’Eglise?

    "Même pour eux, répond l’évêque d’Evreux, l’Evangile reste souvent un repère important. J’essaie d’être un peu le lien avec eux." Mgr Léonard note, à

    son tour: "Jésus pose souvent des exigences folles que même les disciples

    ne comprennent pas. Il faut beaucoup de miséricorde. L’alliance des deux

    est pastoralement idéale."

    Philippe Mawet demande enfin à ses invités quel est le premier défi auquel l’Eglise doit faire face. "Sans hésiter: les exclus, répond Mgr Gaillot. C’est un défi pour l’Eglise et pour l’avenir de l’humanité. S’ils sont

    perdants, nous sommes perdants. C’est vrai pour le tiers-monde comme pour

    les exclus de chez nous." Mgr Léonard relève, pour sa part: "Le premier exclu, c’est Dieu lui-même. La réintégration des exclus est importante, mais

    il faut aussi permettre à la voix de Dieu de se faire entendre."

    A noter que Mgr Gaillot avait été invité à participer à la 11e édition

    de la Journée des Familles, à Erpent. Une journée au cours de laquelle

    l’évêque d’Evreux s’est exprimé sur le thème des familles, qui sont comme

    les "lumières de l’Eglise". (apic/cip/pr)

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