Belgique: les séminaristes de Namur recevront (160791)
Des séminaristes namurois à Fribourg ?
Namur, 16juillet(APIC) Il n’y a plus ni "Sénevé", ni "Sénevé Nouveau".
C’est ce qui ressort d’un communiqué publié mercredi 10 juillet par l’évêché de Namur. Le texte est constitué de deux communiqués distincts: le premier émane de l’équipe des théologiens du "Sénevé", des délégués des doyens
et de l’Association des étudiants et anciens du "Senevé" (A.E.A.S.); le second, de l’évêque, Mgr André Léonard, et du Conseil épiscopal.
Les deux textes rendent compte des contacts qui ont eu lieu les 4 et le
9 juillet derniers. Pendant la première rencontre, qui a réuni à Walcourt
l’évêque, le Conseil épiscopal, deux délégués des doyens, deux professeurs
de l’"Ecole de la Foi", le président du Séminaire et quatre professeurs du
"Sénevé", Mgr Léonard a signifié son refus de reconnaître le "Sénevé Nouveau", par crainte que cette décision n’ouvre la voie à une "Eglise parallèle". Le "Sénevé Nouveau" avait été proposé par les théologiens du "Sénevé", les doyens et l’A.E.A.S. en remplacement de l’actuel centre de formation.
Le 9 juillet, les diverses parties impliquées dans la création du "Sénevé
Nouveau" ont examiné les raisons du refus de l’évêque. Elles ont affirmé
leur volonté de ne pas rompre la communion avec l’évêque, "condition qu’elles jugent indispensable pour un travail théologique dans l’Eglise catholique". Elles constatent dès lors que Mgr Léonard les met dans l’impossibilité de mener à bien leur projet. Elles considèrent par ailleurs que revenir
à l’ancien statut du "Sénevé", comme l’a proposé Mgr Léonard à Walcourt,
"serait faire fi des objections de conscience formulées par les théologiens". Au stade actuel, on est dans l’incertitude concernant le travail et
le statut des professeurs qui enseignaient jusqu’ici au "Sénevé".
Quant à Mgr Léonard et au Conseil épiscopal, ils exposent dans leur
communiqué deux possibilités, qu’ils ont proposées aux théologiens, "ayant
exclu un ’Sénevé Nouveau’ dont le lien avec l’évêque serait trop ténu". Des
possibilités assorties de conditions jugées inacceptables par les professeurs du "Sénevé", les délégués des doyens et l’A.E.A.S., notamment le refus de l’évêque de reconnaître une école théologique dont il ne serait pas
à lui seul le pouvoir organisateur.
La première solution proposée suppose que l’évêque assure lui-même un
enseignement de philosophie morale dans le cadre du "Sénevé", qu’un professeur de l’"Ecole de la Foi" enseigne au "Sénevé" et vice versa et que des
colloques réunissant des membres des deux institutions soient organisés sur
des thèmes encore à préciser. La seconde solution propose un élargissement
du Conseil d’orientation et l’organisation de colloques servant d’amorce à
une concertation théologique ultérieure plus approfondie.
Suspension provisoire du "Sénevé"
Pour Mgr Léonard, la seule issue possible était donc la suspension provisoire du "Sénevé", "dans l’espoir que d’ici quelque temps une école théologique diocésaine puisse être remise en route dans de meilleures conditions". L’évêque compte bien tirer parti du temps de recul et de réflexion
ménagé par cette suspension provisoire pour "examiner avec toutes les parties intéressées les conditions les meilleurs d’une reprise tant de l’école
théologique diocésaine que de la section de théologie du Séminaire de Namur".
Cette situation a pour conséquence que les séminaristes namurois recevront provisoirement leur formation ailleurs. Diverses solutions seraient
envisagées par Mgr Léonard: l’envoi des séminaristes à Louvain-la-Neuve et
à l’Institut d’Etudes Théologiques des jésuites à Bruxelles. Outre les universités romaines, on parle aussi de la Faculté de théologie de Fribourg,
en Suisse, ainsi que d’une école de théologie créée à l’abbaye de Venasque,
près de Carpentras (France).
En effet, le "Sénevé" dont les cours sont destinés à la formation théologique aussi bien des laïcs, des religieux et religieuses que des prêtres
désireux de remettre à jour leurs connaissances, a accueilli, au cours de
cette année académique, quelque 320 étudiantes et étudiants. Depuis sa fondation par Mgr Robert Mathen en 1982, le "Sénevé" a accueilli quelque 1’200
élèves. (apic/cip/sjb)