Bruxelles, 25avril(APIC) Le Comité des Instituts Missionnaires (CIM) de
Belgique vient d’adresser au président de la Confédération
Latino-Américaine des Religieux (CLAR) un message lui exprimant sa
solidarité dans l’épreuve que la CLAR est en train de vivre suite à une
récente mise au pas romaine, ainsi que "sa profonde inquiétude quant à
l’avenir".
Le CIM a suivi avec attention "et avec tristesse" les événements qui ont
dernièrement et à plusieurs reprises frappé la CLAR, instance représentative des 45’000 religieux et 310’000 religieuses du continent latino-américain, érigée par décret du Saint-Siège en 1959. Les difficultés sont nées
après la mise en chantier, en avril 1987, du projet de formation biblique
"Parole et Vie", contribution des religieux latino-américains à la "neuvaine d’années" voulue par le pape à l’occasion du cinquième centenaire de
l’évangélisation du continent (1992). Ce projet a suscité de vives critiques de la part du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM) ainsi que de
la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, présidée par le cardinal Joseph
Ratzinger et de la Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée et les
Sociétés de Vie apostolique, présidée par le cardinal Jean Jérôme Hamer.
Malgré un accord pour la révision du document intervenu en avril 1985, la
CLAR devait se heurter à un second obstacle en raison du refus opposé par
le cardinal Hamer au choix d’une religieuse, Manuela Charria, comme secrétaire générale.
Le préfet du dicastère des religieux imposait à ce poste le Père Jorge
Jimenez, Soeur Charria devenant secrétaire générale adjointe. Cette intervention romaine, qui n’est pas sans rapport avec le projet "Parole et Vie",
est une entorse aux statuts de la CLAR, pourtant approuvés par Rome. Malgré
les tentatives des responsables de la CLAR de résoudre les difficultés contacts téléphoniques, envoyés spéciaux, interventions de nonces, rencontre à Rome - la confédération des religieux n’avait pas d’autre choix que
de se soumettre, sous peine de dissolution. Cette mise sous tutelle a provoqué la démission de l’équipe qui portait le projet "Parole et Vie",
abandonné définitivement fin 1989.
Les raisons de l’intervention du CIM
L’intervention du CIM est motivée par le fait que , parmi les 4’000 missionnaires belges, hommes et femmes, en activité outre-mer, plusieurs centaines travaillent en Amérique latine. Mais les responsables du CIM relèvent une autre raison, "plus importante" à leurs yeux.
"Depuis longtemps, écrivent-ils, les nombreuses communautés ecclésiales
d’Amérique latine qui se sont engagées résolument dans la ligne de Medellin
(Colombie), confirmée à Puebla (Mexique), nous interpellent. Nous sommes
particulièrement sensibles au témoignage donné par tant de religieux et de
religieuses qui ont choisi d’être présents parmi les pauvres, partageant
leurs joies et leurs souffrances, parfois au prix de leur propre vie. Nous
admirons la façon dont la Parole de Dieu qu’ils proclament est plus que jamais une parole vivante et vivifiante dans la foi et à partir de la vie du
peuple et de ses luttes pour un monde qui réponde au projet de Dieu. Grâce
aux publication qui nous parviennent, nous avons pu apprécier le magnifique
travail d’animation entrepris par de nombreuses communautés religieuses remarquablement soutenues par l’effort de réflexion fourni par la CLAR et par
ses services, en fidélité à l’Evangile et à l’Eglise".
"C’est pourquoi, poursuit le CIM, nous avons été surpris et scandalisés
par le caractère sommaire et injuste des jugements qui veulent justifier
ces mesures. Nous regrettons la condamnation du projet "Parole et Vie",
dont le premier volume avait été favorablement apprécié chez nous. Quant à
la discrimination arbitraire dont Soeur Manuela Charria a été l’objet, nous
estimons qu’elle révèle une fois de plus une méfiance de principe envers
les religieuses, et en particulier envers celles d’Amérique latine".
Le CIM, qui a adressé copie de sa lettre au nonce apsotolique à Bruxelles, voit dans sa démarche un geste de solidarité envers la CLAR, et "donc
aussi une protestation formelle". Il conclut son message par un encouragement: "Nous vous souhaitons beaucoup de courage, dans la foi et l’espérance, et nous vous assurons du soutien de notre prière et de notre amitié.
Avec vous, nous espérons qu’en dépit des obstacles que vous rencontrez, la
Bonne Nouvelle de Jésus-Christ restera vraiment une bonne nouvelle pour les
pauvres et que par eux elle finira par nous convertir tous et toutes".
(apic/cip/pr)