Bruxelles, 30décembre(APIC) Le 3 février prochain, au lendemain de la Semaine pour l’Unité des chrétiens, les responsables des Eglises de Belgique
se rencontreront pour voir comment instaurer entre eux un cadre de concertation.
Il y a un dizaine d’années existait en Belgique une sorte de commission
oecuménique, plutôt informelle, qui réunissait chaque année des responsables catholiques et protestants autour de problèmes communs. Depuis la
fin des années septante cependant, cette commission ne s’est plus réunie.
Contacts et rencontres oecuméniques se sont toutefois poursuivis et même
multipliés à divers niveaux, comme en témoigne les nombreuses initiatives
locales ou nationales prises à l’occasion de la Semaine annuelle pour
l’Unité des chrétiens. Mais les Eglises de belgique ne disposent toujours
pas d’un cadre formel pour se concerter au plus haut niveau sur leurs problèmes communs.
Cette préoccupation est néanmoins restées présente dans l’esprit des
principaux responsables chrétiens. Et depuis quelques mois, un dialogue et
une action oecuménique, entrepris à l’échelle européenne en vue de promouvoir la Justice, la Paix et la Sauvegarde de la Création, ont relancé de
plusieurs côtés la même attente: pourquoi les Eglises belges ne se dotentelles pas d’un organe de concertation au sommet?
A quand un Conseil des Eglises?
Y aura-t-il en Belgique, dans un avenir plus ou moins proche, un Conseil
des Eglises chrétiennes, à l’instar de ce qui existe dans les pays voisins?
La question est désormais posée. Mais, formulée en ces termes, elle ne saurait sans doute pas trouver de réponse dans l’immédiat. C’est qu’il n’est
pas facile de se concerter sur pied d’égalité quand la taille des Eglises
est extrêmement différente. Or, c’est le cas en Belgique ou, sur une population de quelque dix millions d’habitants, environ 70% se déclarent catholiques, tandis que les protestants représentent moins de 100.000 fidèles,
et que les anglicans et les orthodoxes sont encore moins nombreux.
"Ne pas brûler les étapes"
"Se concerter, sûrement. Mais on ne peut pas brûler les étapes", déclare
le secrétaire de la Commission nationale catholique pour l’oecuménisme,
l’abbé Raymond Cauwe. Il souligne le souci légitime qu’ont les autres Eglises chrétiennes de ne pas manquer de poids, malgré leur situation minoritaire, face à l’Eglise catholique.
Eviter d’alourdir le dialogue
Dans un premier temps, les responsables des Eglises - catholiques, protestants, anglicans et orthodoxes - vont donc envisager les moyens concrets
d’intensifier leurs relations au sommet. Cette suggestion avait déjà été
faite en 1987 lors de la rencontre annuelle organisée par la Commission nationale catholique pour l’oecuménisme. Elle vient par conséquent de se concrétiser, en ce mois de décembre, grâce à une lettre d’invitation envoyée
aux responsables des autres Eglises par l’évêque de Tournai, Mgr Jean
Huard, chargé par la Conférence épiscopale des questions oecuméniques. Rendez-vous est donc pris pour le 3 février. Ce jour-là, les représentants des
Eglises de Belgique réunis autour d’une même table préciseront leurs souhaits de concertation oecuménique. Ce qui est sûr, c’est que ni les uns ni
les autres ne veulent d’un "grand machin" qui ne pourrait qu’alourdir le
dialogue qu’ils entendent promouvoir. (apic/cip/pr)