Belgique: le titre de docteur honoris causa de l’Université (150193)
Louvain-la-Neuve, 15janvier(APIC) Le 2 février prochain, l’Université de
Louvain décernera le titre de docteur honoris causa à l’archevêque de San
Salvador, Mgr Arturo Rivera Damas, au biologiste français Jacques Testart
et au philosophe et écrivain maghrébin Tahar Ben Jelloun.
Né en 1923 à San Esteban Catarina, Mgr Rivera Damas a étudié à San Salvador, puis en Italie où il a obtenu son doctorat en droit canonique. Ordonné prêtre en 1953 puis évêque en octobre 1960, il sera nommé auxiliaire
de San Salvador, secondant dans sa tâche Mgr Oscar Romero jusqu’à l’assassinat de ce dernier en 1980. Trois ans plus tard, Mgr Rivera Damas est
nommé archevêque de San Salvador. L’ancien directeur de l’Institut salésien
de Guatémala préside aujourd’hui la Conférence épiscopale de El Salvador.
En décernant le titre de docteur honoris causa à Mgr Rivera, l’Université de Louvain rend hommage à "un ardent défenseur des droits de l’homme".
En même temps qu’elle récompense l’homme qui a toujours "prôné la voie politique et non militaire" pour résoudre les problèmes de son pays, et qui
"oeuvre avec détermination pour le maintien de l’unité d’une Eglise tiraillée entre les tenants et les adversaires de la théologie de la libération".
Né en 1939, Jacques Testart, biologiste et directeur de recherches à
l’INSERM (Paris), n’est autre que le "père" du premier bébé-éprouvette
français (1982). En 1986, il lance un appel qui fera date: stoppant net
ses recherches en matière de fécondation in vitro, il appelle à un moratoire sur les manipulations d’embryon. Révolté par le statut de matière brute
conféré au vivant, dénonçant les dangers d’une recherche non contrôlée, il
démontre que l’eugénisme n’est pas l’apanage des régimes totalitaires et
que le "Meilleur des mondes" n’est plus une fiction. Il se consacre aujourd’hui à la mise au point de vaccins contraceptifs. Plusieurs ouvrages
illustrent son cri d’alarme: "L’oeuf transparent" (Flammarion, 1986) "Simon
l’embaumeur" (François Bourin, 1987), et "Magasin des enfants" (François
Bourin, 1990).
Poète, essayiste et romancier, philosophe et sociologue de formation,
Taher Ben Jelloun est né à Fès, au Maroc, en 1944. Il remporte le Prix Goncourt en 1987 pour "La nuit sacrée", qui se présente comme la suite de
"L’enfant de sable". Il est considéré comme l’un des meilleurs représentants de la littérature maghrébine contemporaine. La révolte qui traverse
toute son oeuvre le conduit à rompre avec l’écriture traditionnelle. Le
choix de la langue française comme moyen d’expression apparaît comme une
autre forme de rupture chez cet écrivain qui déclare "écrire pour dire la
différence". Ses premiers poèmes paraissent en 1970: "Hommes sous linceul
de silence"; son premier romand en 1973: "Harrouda". (apic/com/pr)