Belgique: le Séminaire Cardijn de Jumet n’aura (030490)
Bruxelles, 3avril(APIC) Les évêques francophones de Belgique ont décidé
de ne plus poursuivre, au-delà du mois de juin prochain, l’expérience de
formation des séminaristes menée depuis 23 ans par le Séminaire cardinal
Cardijn de Jumet (Belgique). Dans trois mois, ce Séminaire ne sera donc
plus responsable de la formation des futurs prêtres issus de milieu populaire, apprend-on de Belgique. Les évêques ont annoncé leur décision en fin
de semaine passée, précisant qu’ils l’avaient prise au cours de leur réunion tenue la même semaine à Namur, et après avoir rencontré les principaux
responsables du Séminaire de Jumet.
Avant de prendre leur décision, les évêques ont étudié un document
d’évaluation de la situation du Séminaire et différentes propositions
d’avenir le concernant. Les responsables du Séminaire Cardijn, selon son
président, l’abbé Tony Dhanis, avaient souhaité que la formation des séminaristes puisse se poursuivre intégralement à Jumet, sans impliquer de retrait de la vie professionnelle, sauf pour deux années de stage pastoral.
Souhait pas entendu
Un souhait qui n’a pas été entendu puisque dans l’évaluation de la situation, les évêques invoquent pour justifier leur décision "les mutations
profondes de la réalité du milieu populaire et du monde du travail"; les
changements intervenus dans le domaine de la scolarisation"; le très petit
nombre de candidats au sacerdoce en formation"; "la difficulté accrue entre les candidats au sacerdoce en formation d’assurer un équilibre entre
vie professionnelle, vie spirituelle, formation théologique et engagement
apostolique".
"Ce sont effectivement les raisons que les évêques nous ont données",
confirme de son côté l’abbé Dhanis. Même si depuis 1967 une vingtaine de
prêtres ont été ordonnés, il reconnaît que pour un petit nombre de candidats (3 actuellement), Jumet représente un gros investissement.
Le Séminaire cardinal Cardijn avait été fondé par les évêques en 1967
avec comme but d’en faire un séminaire interdiocésain pour adultes issus du
monde du travail et engagés en milieu populaire. Dès le départ, le souci
des responsables a été, selon une méthode éprouvée par les mouvements d’action catholique, de faire la plus grande place, au sein de la formation, à
une recherche humaine et chrétienne menée à partir de la vie. A l’époque,
les douze premiers séminaristes accueillis à Jumet s’étaient vu proposer
une formation à plein temps. Ce qui les obligeait à quitter leur métier
pour vivre sur place. Trois ans plus tard, pour éviter que les séminaristes
soient coupés de leur milieu d’insertion professionnelle, les responsables
du séminaire optaient pour "une formation sur le tas" et laissèrent les
candidats au sacerdoce poursuivre leur métier.
Cette formule fut bientôt ouverte à des laïcs du monde populaire. Fin
mars 1984 toutefois, les évêques étaient amenés à redéfinir des orientations concernant la formation des séminaristes confiés au Séminaire Cardijn, en définissant des exigences en vue d’"une formation plus spécifique
au sacerdoce. Ils décidaient notamment que la formation des séminaristes de
Jumet pourrait impliquer la cessation d’un métier et se poursuivre, selon
les cas, ailleurs qu’au Séminaire Cardijn. La récente décision des évêques
ne signifie pas pour autant la fin de ce Séminaire, fait-on remarquer en
Belgique, puisque les évêques ont demandé aux responsables de poursuivre
la formation des laïcs dans les divers groupes qu’ils ont en charge. Reste
que, "à notre avis, relève l’abbé Dhanis, les évêques n’ont pas suffisamment rencontré nos propositions". (apic/cip/pr)