Belgique: le Secours International de Caritas Catholique (221288)
Bruxelles, 22décembre(APIC/CIP) Créé le 22 décembre 1948 à Bruxelles, à
l’initiative des évêques belges, pour venir en aide aux populations victimes de catastrophes, le Secours International de Caritas Catholica fête en
Belgique ses 40 ans. Les secours d’urgence demeurent l’objectif principal
de la Caritas Catholica, mais ce n’est plus un objectif isolé.
Les premiers secours: vivres, vêtements, abris, soins de santé ne suffisent plus, le S.I.C.C. s’occupe aussi de la réhabilitation des personnes
sinistrées pour lesquelles il faut recréer et même améliorer les conditions
d’avant le drame. Cette réhabilitation est pensée déjà en termes de
prédéveloppement. C’est dire l’évolution de l’action du S.I.C.C. qui soutient des petits projets relayés et élargis ensuite par des organisations
d’aide au développement.
La Caritas Catholica n’aide pas seulement des populations à l’étranger.
Elle intervient aussi en Belgique en faveur de travailleurs migrants, de
canditats réfugiés et d’étudiants étrangers. L’immigration ayant été officiellement arrêtée, le problème s’est déplacé, observe-t-on à Caritas. On
estime à 5.000 le nombre de demandeurs d’asile qui arrivent chaque année en
Belgique. Après une procédure souvent très longue, 8 demandeurs d’asile sur
10 n’obtiennent pas leur statut de réfugié et sont renvoyés dans un pays
qu’ils ont quitté parce qu’ils n’y trouvaient pas d’avenir. En attendant,
le S.I.C.C. subventionne, par souci de justice, des centres sociaux ou ils
sont acceuillis, accompagnés et aidés de manière à pouvoir vivre décemment.
Quant aux réfugiés reconnus et les migrants, la Caritas s’occupe de leur
trouver un logement, une école pour leurs enfants, sans oublier l’aide pour
diverses démarches administratives.
Quatre défis pour l’avenir
Les imprévus mis à part, dit Edmond De Brandt, directeur du S.I.C.C.,
retient surtout quatre secteurs qui nécessiteront d’une manière particulière la solidarité internationale dans la prochaine décennie.
Il relève en premier lieu la fragilité de ce qu’on appelle déjà "les
régions de la faim". Les programmes d’aide alimentaire prendront donc une
place non négligeable dans les interventions du S.I.C.C. à l’étranger et
plus précisément dans le Tiers-Monde.
Deuxième défi: le sida. La communauté mondiale se trouve à la fois devant l’impératif de poursuivre les efforts en matière de prévention et la
recherche de moyens thérapeutiques efficaces, mais aussi devant le devoir
humanitaire de garantir à tous les malades une vie humaine et digne jusqu’au bout. Or, remarque le S.I.C.C., en Afrique et dans certains pays
d’Amérique latine, les équipements médicaux sont souvent insuffisants.
L’effort international devra donc "être tel que l’on puisse éviter un
déséquilibre qui résulterait de la perte d’un grand nombre de jeunes adultes".
Viennent ensuite les réfugiés qui sont aujourd’hui près de 15 millions
dans le monde. Ils ne trouveront sans doute pas tous une réponse à leur situation dans les dix prochaines années. Le S.I.C.C. refuse, en tout cas,
d’attendre qu’une place soit faite à ces minorités au sein notamment des
110 nouveaux Etats créés ces 25 dernières années, car le temps nécessaire à
la mise en place de nouvelles structures de pouvoir risque de condamner à
mort des groupes entiers de populations contraints à l’exode.
Enfin, la migration des gens des campagnes vers les villes ou ils
espèrent en finir avec leurs problèmes de pauvreté, de faim, de chômage et
de maladie. Ce qui n’est hélas pas toujours le cas. Pour le S.I.C.C., la
priorité devrait être accordée à l’établissement de conditions de vie
décente et à la mise en place d’institutions centrées sur l’éducation, les
soins de santé, l’accompagnement psychologique et social. Avec toujours ce
même but de permettre aux personnes de trouver leur place dans la société.
Premières ressources: les dons privés
Au Secours International de Caritas Catholica, le mot "charité" n’est
pas utilisé. On répète volontiers qu’il n’est qu’un autre nom de l’amour,
de la solidarité avec le plus démuni et le souci de la promotion humaine de
l’homme.
Ou le Secours International de Caritas trouve-t-il les ressources pour
venir en aide à des populations sinistrées et mettre sur pied, chaque année, environ 400 projets de réhabilitation ou de prédéveloppement?
Essentiellement, des donateurs privés et des campagnes à l’occasion
d’une catastrophe internationale. Le reste provient de cofinancements dans
le cadre d’accords avec le gouvernement belge ou la Communauté Européenne.
"Beaucoup de ce qui a été réalisé et beaucoup de nouveaux efforts risquent de se perdre si les situations de détresse aiguë, qui souvent revêtent un caractère permanent, ne sont pas prises en considération à temps et
à fond", tel le souhait ou le constat de M. De Brandt, directeur du Secours
International de Caritas Catholica, au regard des 40 années écoulées.
(apic/cip/pe)