Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Belgique: Le Père Bert Van Hecke, supérieur provincial des Salésiens

    "Les religieux peuvent promouvoir un autre visage de l’Eglise" =

    Bruxelles, 30 septembre 1994 (CIP) La voix des religieux sera fort écoutée

    au Synode des évêques qui s’ouvre à Rome ce 2 octobre et réunira jusqúà la

    fin du mois 344 participants sur "la vie consacrée et sa mission dans

    l’Eglise et dans le monde". "Mais les religieux ont peut-être encore plus à

    offrir : le témoignage ou la vision d’un autre modèle, d’un autre visage de

    l’Eglise. L’Eglise, pour nous, est d’abord communion !" C’est ce que le

    Père Bert Van Hecke, supérieur provincial des Salé?siens en Flandre, a

    confié à l’agence CIP à la veille de ce Synode. "Dans la vie religieuse,

    explique le Père Van Hecke, l’aspect communion est beaucoup plus prégnant

    que l’aspect institutionnel ou hiérarchique. Ainsi, le supérieur d’une

    communauté religieuse reste un membre au milieu des autres : il n’est pas

    au-dessus de la communauté. D’ordinaire, d’ail?leurs, c’est la communauté

    elle-même qui choisit son supérieur. Qúil soit élu par le chapitre local,

    provincial ou général, il reçoit de cette direc?tion collégiale un mandat

    pour une période limitée. C’est dire si l’inspi?ration fondamentale et

    l’apport de tous à la construction commune priment sur les aspects

    institutionnels ou hiérarchiques. On fait alors, le plus clairement du

    monde, l’expérience de l’autorité comme service." Le Père Bert Van Hecke,

    qui est aussi président de l’Association des Supérieurs Majeurs des

    congrégations religieuses pour la partie nord du pays, met en évidence un

    deuxième trait : l’autonomie des religieux. Il précise aussitôt : "une

    autonomie en relation avec la hiérarchie". Puis il poursuit : "L’autonomie

    signifie que c’est aux religieux de régler eux-mêmes leurs problèmes ! Il y

    a crise des vocations à la vie consacrée. C’est un problème que le Synode

    examinera. Tant mieux s’il nous ouvre des pistes pour le résoudre. Mais les

    solutions ne vont pas venir directement de Rome. Aux religieux d’abord

    d’imaginer comment faire connaître et de faire voir ce qúils vivent et le

    bonheur qúils y trouvent. Don Bosco disait : quel que soit l’attrait du

    bien qui se fait, il perd sa force quand il n’est pas connu et quand on ne

    le fait pas connaître." "Viens et vois" "Autrement dit, un des problèmes

    importants de la vie religieuse aujour?d’hui est un problème de

    communication et de reconnaissance sociale. Il y a certes un problème de

    vocations. Mais il extrêmement lié aux conditions dans lesquelles on peut

    percevoir l’appel de Dieu et y répondre. En fait, les conditions dans

    lesquelles les jeunes étaient appelées il y a quelques décennies ont

    fortement changé. Nous vivons dans un tout autre contexte social, à une

    tout autre époque. Et il n’est plus du tout évident pour un jeune de

    trouver le chemin qui mène notamment à la vie consacrée dans une communauté

    religieuse". "C’est pourquoi je parle d’un problème de communication.

    Puisqúentre les jeunes et la vie religieuse, la communication passe

    difficilement, il y a là des troubles de la communication dont il faut se

    préoccuper. Les reli?gieux en portent sans doute une part de

    responsabilités. Dans ce cas, à nous, religieux, de chercher des solutions.

    Et, à mon avis, nous pouvons y arriver si nous acceptons de montrer ce que

    nous vivons, qui nous sommes, ce que nous faisons et comment nous le

    faisons. Si nous cessons de nous plaindre de la relève qui ne vient pas,

    mais que nous apprenons la langue des jeunes. Si nous sommes attentifs à

    soutenir les formes nouvelles de vie religieuse qui éclosent, ou à

    rencontrer des défis nouveaux. Bref : si nous essayons à nouveau de vivre

    le ’Viens et Vois’ de l’Evangile. Mais pour cela, il nous faut quitter la

    sécurité de nos montagnes et redescendre dans la plaine au contact des

    gens". ?"Signe des temps" Simples pistes pour l’avenir ? Hypothèses à

    vérifier ? Le Père Van Hecke ose, modestement, promettre davantage : "Je

    vous parle d’expérience, parce que je sais que ça marche. Nous n’avons

    aucune raison de faire l’hypothèse que Dieu appellerait moins de jeunes

    aujourd’hui qúhier. Et la générosité parmi les jeunes ne fait pas défaut

    aujourd’hui. Le problème, peut-être, est d’abord chez nous : nous ne savons

    plus nous y prendre ! Dans quoi investissons-nous nos énergies ? Les

    jeunes, qui se livrent parfois à une quête désespérée de la chaleur humaine

    et de sécurité affective, peuvent-ils percevoir chez nous qúil y a chez

    nous autre chose à découvrir : un ’signe des temps’ ? Ils ont assez de

    flair pour repérer s’il s’agit d’une initiative émanant d’un individu

    isolé, ou s’il s’agit d’un projet commu?nautaire. Bien sûr, on peut choisir

    une communauté pour divers motifs. Il m’arrive moi-même de devoir refuser

    des candidats, parce qúils cherchent seulement chez nous une sécurité

    d’existence : ce n’est pas le but de la vie religieuse. Mais il y a parmi

    les jeunes des forces vives que nous n’arrivons pas suffisamment à aborder.

    Peut-être ne savons-nous pas assez aller à leur rencontre et passer du

    temps auprès d’eux." Depuis plus d’un an, l’annonce du Synode sur la vie

    consacrée a mobilisé beaucoup de recherches, de rencontres et de réflexions

    chez les religieux et les religieuses en Belgique. Le Père Van Hecke y a

    pris largement sa part, avec ses collègues flamands de l’Association des

    Supérieurs Majeurs. "Tous, dit-il, nous sommes convaincus qúil nous faut

    faire voir qui nous sommes et ce que nous faisons. C’est pourquoi nous

    avons décidé de ne plus ’enfermer’ nos novices dans un espace clos, mais de

    les rassembler dans un noviciat où parents et amis peuvent aussi être chez

    eux. Ici encore, le ’Viens et vois’ de l’Evangile est essentiel : nous

    proposons de le vivre dans une maison ouverte sur le monde." Pour donner

    une chances aux formes nouvelles de vie consacrée, le Père Van Hecke espère

    "que le Synode tranchera un certain nombre de questions délicates". Par

    exemple : "une revalorisation des voeux temporaires, qui ont toujours

    existé pour les religieux mais qui ont été tellement branchés sur la

    perspective d’un engagement perpétuel qúils ont perdu leur propre

    signification". Une redécouverte de ces voeux temporaires permettrait

    peut-être d’ouvrir des pistes nouvelles d’engagement "pour ceux et celles

    qui aujourd’hui pour ceux et celles qui, aujourd’hui, n’envisagent pas

    sponta?nément un engagement à vie, mais veulent bien s’engager pour une

    période déterminée dans un projet concret". Revaloriser les voeux

    tempo?raires, comme certains évêques le souhaitent également, poserait sans

    doute quel?ques problèmes canoniques, admet le supérieur provincial des

    Salésiens. Mais il ajoute : "Si le droit canon en arrivait à bloquer la vie

    reli?gieuse, cela voudrait dire qúil faudrait le changer sur ce point." A

    propos..., combien de vocations chez les Salésiens en Flandre ? "215 !",

    répond sans hésiter le Père Van Hecke. Plus de 200 ? "Oui, car les 215

    religieux salésiens en Flandre ont tous une vocation qui continue d’éclore,

    de mûrir... Dieu n’a pas fini de nous appeler et nous n’avons pas fini de

    lui répondre ! Parmi nous, 17 religieux sont en formation et 3 sont au

    noviciat. Mais quand vous parlez de vocation à la vie religieuse, vous

    parlez de nous tous ! Et cela aussi, il nous importe de le faire

    redécou?vrir : comment pourrions-nous éveiller chez les jeunes une

    ouverture à l’appel du Christ si cet appel n’est plus notre affaire ?"

    n

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus