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    Belgique : le groupe "Autonomie et Pluralisme" sur les rails (250188)

    Laïcs et chrétiens veulent dépasser leurs clivages

    Bruxelles, 25janvier(APIC/CIP) "Autonomie et Pluralisme - Wallonie et

    Bruxelles au-delà des clivages" : c’est le nom que s’est donné un nouveau

    groupe qui, depuis bientôt trois ans, réunit des Wallons et des Bruxellois,

    laïcs et chrétiens "afin de nouer un dialogue sur des conceptions et des

    structures qui divisent les mondes "laïc" et "chrétien" en Wallonie et à

    Bruxelles". Le groupe s’est constitué au printemps 1985. Il s’est présenté

    vendredi à la presse à Bruxelles, en commentant le fruit de son premier

    travail de réflexion, consacré à l’enseignement.

    Parmi la bonne vingtaine de signataires du document consacré à l’enseignement figurent, d’une part, des personnes proches du mouvement socialiste et issues de la mouvance laïque, et, d’autre part, des personnes proches du groupe "Eglise-Wallonie" constitué en 1982 et issues de la mouvance

    chrétienne.

    Les membres du nouveau groupe, présidé conjointement par Roger Dehaybe,

    libre penseur, et Jean-Emile Humblet, co-fondateur du groupe "Eglise-Wallonie", estiment que "les clivages traditionnels entre ’croyants’ et ’laïcs’

    freinent les Régions wallonne et bruxelloise et la Communaute française

    dans la prise en charge indispensable de leur destin". "Ils partagent par

    conséquent cette conviction : les redéploiements de la Wallonie et de Bruxelles et leur solidarité supposent une volonté collective, donc la ruine

    du cloisonnement des mondes opposés au profit du dialogue et de la coopération au sein d’institutions communes.

    Un dossier sur l’enseignement

    Ce n’est pas sans raison que le groupe "Autonomie et Pluralisme" s’est

    d’abord attaqué à l’enseignement. "Nous avons voulu avoir le courage de

    parler des choses dont, d’habitude on ne parle pas, parce qu’elles divisent

    ou opposent, explique Roger Dehaybe. Le monde chrétien et le monde socialiste seraient-ils si opposés qu’ils ne puissent faire alliance sur le plan

    de l’enseignement ?", se demande-t-il.

    D’autres sujets seront approfondis demain : la santé, la politique familiale, etc. En attendant, le nouveau groupe n’entend pas laisser venir une

    réorganisation de l’enseignement, davantage confié aux Communautés culturelles du Nord (néerlandophone) et du Sud (francophone) du pays, sans que

    l’on s’interroge sur les cloisonnements qui subsistent et qui empêchent une

    réflexion plus importante sur les enjeux même de l’enseignement.

    Le document publié par le groupe consacre 28 pages à l’enseignement et

    souhaite d’abord que laïcs et chrétiens se rencontrent autour d’une "démarche porteuse de sens et de projets" pour l’éducation et la formation des

    enfants et des jeunes de Wallonie et de Bruxelles. Ils plaident donc pour

    des structures autonomes et ouvertes, ainsi que pour des institutions

    décentralisées. De la "communautarisation" pour l’avenir immédiat, il

    faudrait en venir à une véritable "régionalisation". Mais le groupe ne vise

    pas un "miracle" : "on ne va pas démanteler ainsi des réseaux qui ont 150

    ans d’histoire. Mais il s’agit d’aller progressivement au-delà des clivages

    entre réseau d’enseignement non-confessionnel et réseau confessionnel", dit

    Tony Dhanis, par ailleurs président du Séminaire Cardijn à Jumet.

    L’avenir de la Wallonie et de Bruxelles, une plus grande clarté du

    système scolaire, une attention aux technologies nouvelles, une prise en

    compte des inégalités sociales et de la diversité des cultures : tels sont

    les premiers défis de société que l’enseignement se doit de relever, selon

    le groupe.

    En attendant, "l’école vit ces défis dans le cadre de la division en

    réseaux d’enseignement. A travers celle-ci, le système politique belge a

    tenté de garantir la liberté de l’enseignement. Or, cette division héritée

    du passé est en décalage par rapport à la réalité présente, a fortiori par

    rapport aux défis de l’avenir". Plusieurs membres du groupe ont d’ailleurs

    précisé sur ce point aux journalistes que, tant dans un réseau que dans

    l’autre, le choix de l’école ne se faisait pas principalement pour des motifs d’ordre philosophique ou religieux. (apic/bo/be)

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