s’inquiète des "interventions autoritaires" du Vatican
Bruxelles, 26avril(APIC/CIP) Lieu d’expression privilégié des laïcs
catholiques de Wallonie et de Bruxelles, le Conseil général de l’apostolat
des laïcs (CGAL) a exprimé publiquement, le 26 avril, son inquiétude face à
quelques interventions récentes du Vatican. Le comité de politique générale
du CGAL fait explicitement allusion à des interventions de Rome qualifiées
par lui d’"unilatérales" et d’"autoritaires".
Depuis un certain nombre de mois, constate le comité du CGAL dans sa
prise de position, "plusieurs interventions de la curie romaine ont suscité
tensions, inquiétudes, protestations". Le comité évoque à ce sujet plusieurs cas: "certaines nominations épiscopales"; "pressions exercées sur des
évêques ou des théologiens"; "prises de position intransigeantes sur certaines questions d’éthique"; il relève en outre "la manière dont ont été
réintégrés plusieurs disciples de Mgr Lefebvre". Même si le CGAL n’a pas
été directement concerné par ces faits, il soutient que leur répétition l’a
invité à sortir du silence: "Nous nous sentons solidaires des Eglises locales, mouvements ou autres institutions ecclésiales qui ont été directement impliqués", relève-t-il.
Le CGAL insiste cependant sur "la correction fraternelle", à laquelle il
croit, et dont parle saint Paul dans son épître aux Galates: "Nous voulons
exprimer ici librement - c’est-à-dire sans passion ni hypocrisie - notre
sentiment. Nous ne le faisons pas sans avoir, au préalable, réfléchi, discuté, consulté, prié".
Selon le CGAL, les interventions "unilatérales" auxquelles il est fait
allusion "sont en contradiction avec le rôle fondamental et traditionnel du
magistère central de l’Eglise" Ces interventions, disent-ils, "outre les
discussions qu’elles engendrent entre l’Eglise de Rome et les Eglises locales, ont également pour effet d’exacerber les tensions" à l’intérieur de
ces Eglises particulières". Toujours selon ce comité, "notre culture occidentale est fortement marquée par l’idéal démocratique et, en particulier,
par la Déclaration universelle des droits de l’homme. Les interventions de
type autoritaire, surtout si elles émanent d’un pouvoir central inaccessible, suscitent de l’incompréhension, de l’amertume, de la révolte..."
Enfin, déclare le CGAL, ces interventions "visent des secteurs de
l’Eglise particulièrement proches des pauvres, des marginalisés, des exploités. En donnant l’impression de condamner des personnes ou des groupements qui vivent effectivement la solidarité avec les plus démunis, on fait
le jeu des puissants de ce monde, qu’on le veuille ou non", conclut-il.
(apic/cip/pr)