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    Belgique: Le cardinal Suenens et l’évêque de Pékin réunis à Louvain

    Quinze prêtres chinois de l’Eglise catholique "patriotique" en Europe

    Louvain, 23mai(APIC) 15 prêtres chinois, appartenant à l’Eglise catholique "officielle" ou "patriotique" ont été reçus le 19 mai à Louvain, où les

    autorités de l’Université Catholique (K.U.L.) avaient organisé une séance

    pour fêter la clôture du séjour en Belgique de ces futurs formateurs de

    prêtres. Le cardinal Suenens, ancien archevêque de Malines-Bruxelles, a témoigné à cette occasion du grand événement qu’avait été le concile Vatican

    II et a salué, en présence de l’évêque de Pékin, la "nouvelle génération"

    de catholiques chinois.

    C’est à l’initiative de la Fondation Ferdinand Verbiest, dirigée par le

    Père jésuite Jérôme Heyndrickx et attachée à la K.U.L., qu’une quinzaine de

    prêtres de Chine populaire ont été invités en Belgique pour une session de

    recyclage centrée sur la préparation des candidats au sacerdoce. Se préparant ainsi à prendre en charge la formation des futurs prêtres dans un des

    20 grands séminaires autorisés en Chine populaire et patronnés par l’Association Patriotique des Catholiques Chinois.

    L’aile "officielle" de l’Eglise catholique en Chine collabore avec l’Association Patriotique des Catholiques Chinois mise sur pied par le régime

    communiste. Les évêques se rattachant à l’Eglise catholique "patriotique"

    sont nécessairement "choisis" par les autorités communistes au lieu d’être

    "nommés" par le pape. Ils sont cependant validement ordonnés évêques, quoique sans l’approbation de Rome.

    Cette aile "officielle" de l’Eglise catholique se démarque de l’aile

    "clandestine", qui refuse toute collaboration avec le régime communiste. En

    1989, les évêques "clandestins" ont érigé leur propre conférence épiscopale. Plusieurs évêques, prêtres et fidèles de ce groupe ecclésial sont en

    prison ou dans des camps de travail. Il y a une dizaine d’années, on pensait à l’étranger que seuls les catholiques "clandestins" étaient demeurés

    fidèles à Rome. Depuis que des Européens ont renoué des contacts réguliers

    tant avec l’aile "clandestine" qu’avec l’aile "officielle", ils se rendent

    mieux compte que la fidélité à la tradition catholique a été portée par les

    deux groupes. Le regard plus positif porté sur l’Eglise catholique "patriotique" est d’autant plus important que cette aile de l’Eglise regroupe 90 %

    des catholiques chinois, selon les estimations de spécialités étrangers.

    Signes d’ouverture

    Selon le Père J. Heyndrickx, les prêtres chinois venus en Belgique ont

    beaucoup appris. Ils ont reçu des exposés substantiels, "car, jusqu’à présent, vu le manque de contacts avec l’Eglise universelle depuis la révolution culturelle, ils n’ont guère pu suivre l’évolution dont l’Eglise catholique a bénéficié depuis le concile Vatican II". En raison de ce manque de

    communication, ils ont reçu dans leurs séminaires une formation parfois improvisée.

    Aussi ces prêtres ont-ils vécu la session comme un "pèlerinage à la rencontre de l’Eglise universelle". Leur présence en Belgique, a relevé à Louvain le Père Heyndrickx, est "un signe qu’il y a un réel rapprochement et

    un réel échange entre les deux ailes d’une même Eglise, qui apprennent à se

    parler sur pied d’égalité, à se respecter et à se soutenir mutuellement

    dans la foi". On a aujourd’hui de bonnes raisons de penser que l’évolution

    se poursuivra dans cette direction.

    D’autres signes ont confirmé ce tournant. Peu avant leur départ de Pékin, les 15 prêtres avaient reçu des autorités chinoises (et sans aucun

    doute, moyennant l’accord du Vatican) l’autorisation de concélébrer avec le

    pape l’eucharistie que celui-ci aurait dû présider le 15 mai à Bruxelles

    pour la béatification du Père Damien. Les prêtres chinois, qui se réjouissaient de cette rencontre historique, ont été très attristés d’apprendre

    que le pape était hospitalisé et que le voyage était remis.

    Il y a néanmoins eu une "première", le jour de l’Ascension. Les prêtres

    chinois ont concélébré à Bruges avec Mgr Vangheluwe, auquel ils ont offert

    une version chinoise de la Bible, tandis que celui-ci leur a donné, de la

    part de Jean-Paul II, la bénédiction apostolique, ainsi qu’un chapelet et

    la récente version anglaise du "Catéchisme de l’Eglise catholique".

    Dans son allocution de clôture à Louvain, le cardinal Suenens a évoqué

    le grand élan de renouveau qu’apporta à l’Eglise le concile Vatican II

    (1962-1965). Il y a trois manières de parler de l’Eglise à la lumière de

    Vatican II. On peut la présenter comme "une réalité historique, une Eglise

    des hommes", comme "l’Eglise du Christ, qui est toujours celui qui donne

    les sacrements", ou enfin comme "l’Eglise de l’Esprit Saint, qui n’existe

    que pour rendre saint", a observé le cardinal.

    En conclusion de son exposé, Mgr Suenens a exprimé sa reconnaissance envers les jeunes prêtres chinois: leur foi et leur espérance, a-t-il dit,

    sont déjà celles "de la génération suivante, celle qui assurera la vitalité

    du christianisme dans le XXIe siècle".

    "L’avenir de la Chine"

    Le professeur Roger Dillemans, recteur de la KUL, a également souligné

    "l’importance de l’espérance, fondement du christianisme" et a présenté les

    prêtres chinois, futurs professeurs de séminaire, comme "l’avenir de la

    Chine".

    Remerciant ses hôtes pour leur invitation, Mgr Fu Tieshan, évêque de Pékin, a révélé que depuis 1985, plus de 600 prêtres ont été ordonnés en Chine, où 24 nouveaux séminaires accueillent 1’200 candidats au sacerdoce. Les

    prêtres chinois, a-t-il précisé, "sont venus en Belgique pour visiter, mais

    surtout pour apprendre et pour rencontrer des personnes". Il a également

    mis en relief l’importance de l’Esprit-Saint: "C’est l’Esprit-Saint qui

    donne aux évêques, aux prêtres et aux fidèles en Chine le courage de tenir

    bon."

    Le 17 mai, les prêtres chinois avaient été reçus par le cardinal Danneels. L’archevêque de Malines-Bruxelles leur a remis, "en signe d’unité dans

    la foi", un calice pour chacun de leurs séminaires. (apic/cip/mp)

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