Bruxelles, 2mars(APIC/CIP) A quoi sert un théologien aujourd’hui? Le premier numéro de la revue interdiocésaine belge "La Foi et le Temps" pour
l’année 88 aborde cette question de front.
On a parfois cantonné le théologien dans un rôle de "défense et illustration" de la doctrine de l’Eglise. En réaction, d’autres en feraient
volontiers un défenseur exemplaire des dernières méthodes d’analyse appliquées aux "choses de la foi". Joseph Doré, théologien de l’Institut Catholique de Paris, refuse ces positions extrêmes. Par respect de l’homme et
par respect de ce croyant singulier qu’est le chrétien. Il préfère, quant à
lui, esquisser le profil type du théologien en trois traits. Le théologien
est quelqu’un qui sait "réinterroger le christianisme", "mettre incessamment à jour ce qui, dans l’état présent de la culture et de la société.
peut représenter des chances pour la foi", sans oublier de "mettre constamment en relation les deux pôles, culture et société d’un côté, christianisme et foi de l’autre". Cette triple tâche représente une responsabilité que
le théologien assumera d’autant mieux en Eglise qu’il disposera de la liberté et des moyens nécessaires.
La réflexion théologique n’est évidemment pas étrangère à la "nouvelle
évangélisation". On s’en rend parfaitement compte en lisant sur ce sujet
les propositions signées par une dizaine de jésuites de Belgique francophone, au terme d’une recherche qu’ils ont entreprise à l’invitation de leur
supérieur provincial. Sans se poser en "spécialistes de l’animation
chrétienne", ils suggèrent avec espérance une meilleure attention aux conditions socio-culturelle d’aujourd’hui pour une "annonce efficace de la
Bonne Nouvelle".
Un troisième article, signé par le pasteur Lejeune, s’inscrit dans le
cadre de l’Année Européenne de l’Environnement, mais aussi dans la perspective de la Conférence que le Conseil Oecuménique des Eglises a prévu pour
1990 sur le thème: "La Justice, la Paix et la Sauvegarde de la Création".
L’auteur propose donc quelques repères pour penser l’écologie à la lumière
de la foi chrétienne, en signalant particulièrement deux dangers: celui de
réduire la "création" à la nature ou celui d’évacuer du problème écologique
la question de Dieu.
La revue propose ensuite la traduction d’un récent article du jésuite
flamand Herwing Arts. S’inspirant de distinctions dues au philosophe juif
Heschel, l’auteur s’interroge sur les atouts et les caractéristiques de
trois types de spiritualité. Dans le passé, la spiritualité "ascétique",
avec son insistance sur le renoncement, avait le vent en poupe. Puis est
venu le temps d’une spiritualité "psychologisante", davantage centrée sur
"l’expérience" personnelle. Des points forts et des points faibles de ces
deux spiritualités, le croyant d’aujourd’hui ne peut-il tirer parti pour
approfondir une nouvelle spiritualité, authentiquement "religieuse"?
(apic/cip/bd)